Philippe Morneau-Cartier sur une carrière universitaire parfaite
Saison après saison, Philippe Morneau-Cartier a trouvé le moyen de repousser les limites de l'excellence.
L'étudiant au doctorat en médecine de l'Université Laval a conclu sa carrière universitaire avec une autre saison dominante en 2025-2026, remportant toutes les courses auxquelles il a participé. Après des victoires à Ottawa et sur les plaines d'Abraham, il est devenu le premier athlète de l'histoire du RSEQ à remporter quatre championnats de conférence consécutifs en cross-country.
Morneau-Cartier a ensuite ajouté un autre chapitre à son impressionnant parcours en remportant le championnat canadien U SPORTS pour une troisième année de suite, un exploit qui n'avait pas été réalisé depuis le milieu des années 1980. Au total, il a terminé sa carrière universitaire avec 13 victoires consécutives sur le circuit du RSEQ, un autre record.
Ce qui rend ses accomplissements encore plus remarquables, c'est qu'il les a réalisés tout en poursuivant des études exigeantes en médecine et en effectuant de longues heures d'externat à l'hôpital. Reconnu pour son leadership et son éthique de travail, Morneau-Cartier s'est imposé comme l'un des plus grands coureurs de l'histoire du Rouge et Or.
Alors qu'il réfléchit à sa nomination au titre d'Athlète masculin de l'année U SPORTS, Morneau-Cartier s'est entretenu avec U SPORTS au sujet de son parcours, de sa quête d'excellence et des leçons apprises au fil de sa carrière universitaire.
U SPORTS : Comment as-tu découvert la course à pied et le cross-country?
Philippe Morneau-Cartier : Au départ, ce n'était pas nécessairement un choix planifié. Je viens de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et, à l'école secondaire, tout le monde faisait de l'athlétisme. Je me suis rapidement rendu compte que j'avais plus de facilité sur les longues distances. Quand je suis arrivé au cégep à Québec, je devais choisir un sport. Je jouais auparavant au hockey, au soccer et au football, mais je n'avais plus le temps de tout faire. Le point commun entre ces sports, c'était mon cardio. Je me suis donc dit que j'allais l'exploiter au maximum et me consacrer à la course.
U SPORTS : À quel moment as-tu commencé à prendre ce sport plus au sérieux?
Morneau-Cartier : Je dirais en secondaire cinq. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'entraîner davantage et que j'ai quitté La Pocatière pour venir à Québec dans un environnement plus structuré. J'ai intégré un groupe d'entraînement avec des entraîneurs et des athlètes plus expérimentés. Mes progrès ont alors vraiment accéléré. J'ai commencé à obtenir de bons résultats, à gagner des courses et, naturellement, j'ai développé une passion pour ce sport.
U SPORTS : Comment s'est déroulée ton arrivée au Rouge et Or?
Morneau-Cartier : Ce n'était pas vraiment une surprise. Pendant mon cégep, j'étais déjà en contact avec le groupe d'entraînement lié à l'Université Laval. Mon entraîneur connaissait bien les entraîneurs du Rouge et Or, donc la transition s'est faite naturellement. Honnêtement, même si j'avais eu d'autres options à l'époque, je pense que j'aurais choisi Laval quand même. Ces cinq années ont été absolument fantastiques.
U SPORTS : Quel est le principal apprentissage que tu retiens de ton parcours universitaire?
Morneau-Cartier : Saisir les occasions qui se présentent. Souvent, on refuse une opportunité parce qu'on ne se sent pas prêt ou parce qu'on doute de nos capacités. Avec le temps, j'ai réalisé que si tu refuses, quelqu'un d'autre va l'accepter. Et cette personne n'est pas nécessairement plus qualifiée que toi. Elle a simplement eu le courage d'essayer. Quand une occasion se présente, il faut avoir le courage de la saisir et de s'investir à fond.
U SPORTS : Que représente pour toi une deuxième nomination consécutive au titre d'Athlète de l'année U SPORTS?
Morneau-Cartier : C'est une grande fierté. L'an dernier, j'avais été nommé finaliste sans remporter le prix. Évidemment, il y avait une petite déception parce que je suis quelqu'un de compétitif. Mais simplement être nommé parmi les meilleurs athlètes universitaires du pays est déjà un immense honneur. Être finaliste deux années de suite, je ne pourrais pas demander mieux.
U SPORTS : Qui aimerais-tu remercier pour t'avoir aidé à atteindre ce niveau?
Morneau-Cartier : La réponse est facile : mon entraîneur, Félix-Antoine Lapointe. Oui, il a été mon entraîneur, mais il a aussi joué un rôle de mentor. Il m'a aidé à me développer comme athlète, mais aussi comme personne. Je remercierais également toute l'organisation du Rouge et Or. Comme athlètes, on arrive dans une structure déjà en place et on tient parfois certaines choses pour acquises. Mais derrière cette structure, il y a énormément de personnes qui travaillent fort pour nous permettre de vivre une expérience exceptionnelle.
U SPORTS : Que réserve l'avenir pour Philippe Morneau-Cartier?
Morneau-Cartier : Probablement un peu moins de compétition. Je commence mon externat en médecine pour éventuellement devenir médecin, et ça demande beaucoup de temps et d'énergie. Je vais continuer à courir et à rester impliqué dans le milieu, mais mes priorités changent graduellement. Si je peux aider mes coéquipiers ou demeurer présent autour de l'équipe, je vais le faire avec plaisir.
U SPORTS : Quel conseil donnerais-tu à la prochaine génération d'étudiants-athlètes?
Morneau-Cartier : N'ayez pas peur d'essayer. Quand on combine les études et le sport de haut niveau, tout peut sembler intimidant. On se met beaucoup de pression et on a parfois peur d'échouer. Mais le pire qui puisse arriver, c'est de manquer son coup. Et personne n'est jamais mort pour avoir essayé. Il faut avoir confiance dans le processus, rester constant et continuer d'avancer.
U SPORTS : Quand tu regardes tout ce que tu as accompli, qu'est-ce que ça te fait ressentir?
Morneau-Cartier : Ça me fait sourire. Quand j'étais plus jeune, ces objectifs-là ressemblaient davantage à des rêves qu'à quelque chose de réaliste. Aujourd'hui, je réalise que j'ai réussi à les atteindre. J'éprouve surtout beaucoup de gratitude. On dit souvent qu'il faut tout un village pour élever un enfant. Si je suis rendu où je suis aujourd'hui, c'est grâce à tout un village de personnes qui ont contribué à mon succès. Je leur en serai toujours reconnaissant.
