Olivia Rizakos de Guelph revient sur sa percée de la dernière saison
Le chemin qui a mené jusqu’au titre de meilleure joueuse de soccer de U SPORTS a été tout sauf linéaire pour Olivia Rizakos.
L’attaquante de l’Université de Guelph a couronné une saison remarquable en 2025 en devenant la première joueuse des Gryphons à remporter le prix Chantal-Navert, décerné à la joueuse de soccer féminin de l’année de U SPORTS. Rizakos a aidé son équipe à terminer au premier rang de la section Ouest des SUO et à se rendre jusqu’en finale des SUO, pour ainsi mener Guelph vers sa première participation au championnat national depuis 2017.
Rizakos a fini au deuxième rang du classement des buteuses des SUO avec 11 filets, en plus de terminer en tête de son association pour les passes décisives (neuf) et les points (20) et ce, en 12 matchs du calendrier régulier. Elle a inscrit un point dans 12 des 15 matchs disputés par Guelph en incluant les rencontres éliminatoires.
Cette percée qu’elle a connue cette saison est le fruit d’un travail de longue haleine. Rizakos a dû surmonter le défi d’entreprendre sa carrière universitaire pendant la pandémie, puis elle a bataillé ferme pour se remettre d’une grave blessure au LCA qui menaçait de nuire à sa progression. Au travers de tout ça, elle a travaillé sans relâche pour poursuivre son développement en tant que joueuse et pour continuer à cheminer comme leader et étudiante, si bien qu’elle a été nommée capitaine de sa formation, a été choisie au sein de l’équipe des étoiles des SUO à trois reprises et s’est avérée un modèle à suivre au sein de la communauté de Guelph.
Rizakos, qui a maintenant entrepris une maîtrise en psychologie et qui continue de redonner à la communauté en consacrant du temps à des activités de soccer pour les jeunes, est devenue une des étudiantes-athlètes les plus respectées au pays.
Dans la foulée de sa saison record et de sa nomination au rang de finaliste pour les prix Lois et Doug Mitchell remis aux athlètes de l’année de U SPORTS, Rizakos s’est entretenue avec U SPORTS pour parler du parcours qui l’a menée jusqu’ici.
U SPORTS : Comment ton parcours dans le soccer a-t-il commencé?
Olivia Rizakos : J’ai commencé à jouer dans une ligue maison et, pour être bien honnête, je n’aimais pas tellement ça. J’étais l’enfant qui faisait la roue et qui cueillait des pissenlits sur le terrain. Je ne voulais pas vraiment courir. Puis, un de ces jours, j’ai marqué un but et j’ai trouvé ça pas mal spécial. J’ai commencé à pratiquer le soccer de compétition au club de North Toronto à huit ou neuf ans et j’ai fini par tomber en amour avec ce sport. Quand je me suis un peu améliorée et que j’ai commencé à avoir du succès, j’ai commencé à vraiment aimer ça.
U SPORTS : Comment t’es-tu retrouvée à Guelph?
Rizakos : Un peu par accident. Au départ, je prévoyais aller à Simon Fraser, mais il y a ensuite eu la COVID et j’y ai vu un signe que le temps était peut-être venu de laisser tomber le soccer complètement. Au bout du compte, j’ai fait une demande d’admission à Guelph et Western, j’ai choisi Guelph parce que j’aimais le campus, et ensuite l’entraîneur-chef Shayne Campbell m’a appelée pendant l’été et m’a invité à faire un essai avec l’équipe. Je lui ai dit que je n’avais pas joué depuis des mois et que j’étais pas mal rouillée, mais je suis allée à la séance d’essais, j’ai été retenue dans l’équipe. La suite fait partie de l’histoire.
U SPORTS : Quand as-tu réalisé que le soccer était devenu quelque chose de sérieux pour toi?
Rizakos : Probablement vers l’âge de 13 ans. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’améliorer un peu et à avoir du succès. Je suis très compétitive, alors j’aime les choses où je suis bonne. Quand j’ai commencé à marquer plus souvent et à contribuer davantage, j’ai commencé à vraiment aimer ça.
U SPORTS : À quel point es-tu compétitive?
Rizakos : Très. Je déteste perdre. Pour être bien honnête, je n’aime pas non plus perdre aux cartes parce que si je perds, ça me fâche. Ce n’est probablement pas un de mes plus beaux traits de caractère, mais ça fait partie de ma personnalité.
U SPORTS : Comment décrirais-tu la culture qu’il y a au sein du programme des Gryphons?
Rizakos : Je trouve que ce serait difficile de demander mieux. Tout le monde est solidaire, bienveillant et inclusif. Évidemment, il y en a qui ont des amies proches, mais tout le monde est invité partout et tout le monde s’entend bien. C’est un groupe très collégial. Au fil des années, nous avons beaucoup appris en tant que programme et l’environnement est devenu plus compétitif, il y a plus d’intensité au sens positif. Les filles travaillent remarquablement fort et elles veulent vraiment ce qui est le mieux pour les unes et les autres.
U SPORTS : Qu’est-ce qui fait que la dernière saison ait été aussi spéciale?
Rizakos : Nous avions vraiment une équipe remarquable. Nous avions eu de bonnes équipes auparavant, mais cette année, ç’a bien fonctionné à tous les égards. Le personnel d’entraîneurs a offert un encadrement impeccable, l’environnement était positif et tout le monde a contribué. Je pense aussi que j’ai beaucoup gagné en confiance cette saison. Les choses tournaient en ma faveur et j’avais des coéquipières qui me plaçaient dans des positions favorables pour réussir. Ç’a vraiment été un effort collectif.
U SPORTS : Qu’as-tu appris cette saison?
Rizakos : Pour être bien honnête, que ce n’est pas nécessaire de tout le temps prendre les choses très au sérieux. Plus tôt dans ma carrière, je pensais qu’il fallait toujours qu’il y ait de l’intensité partout et tout le temps, mais cette saison j’ai appris que tu peux avoir du plaisir, savourer le processus et quand performer à un haut niveau. Notre groupe a été très bon pour rester positif, gérer les défis à relever et aller de l’avant sans laisser les choses faire boule de neige.
U SPORTS : Comment c’était de participer au Championnat de U SPORTS?
Rizakos : C’était spécial. L’équipe n’y avait pas participé depuis 2017 et aucune des joueuses n’avait vécu cette compétition auparavant. Évidemment, perdre en prolongation contre l’UBC a été difficile, mais nous étions fières de ce que nous avions accompli. Nous avons eu du plaisir, nous avons beaucoup appris et nous avons bien représenté Guelph. C’est quelque chose dont nous nous souviendrons toujours.
U SPORTS : Qu’est-ce que ta nomination en tant que finaliste pour le prix de l’athlète de l’année signifie pour toi?
Rizakos : C’est plutôt irréel. Je suis très fière de représenter Guelph. Je suis ici depuis longtemps et je ne voudrais pas être ailleurs. Même le prix de joueuse de soccer de l’année de U SPORTS, ça m’a pris du temps à réaliser que je l’avais gagné. Parfois, c’est une sensation bizarre parce que c’est quelque chose à laquelle tu ne t’attends pas. Je suis tout simplement trèsreconnaissante.
U SPORTS : Qui aimerais-tu remercier?
Rizakos : Il y a mes parents, c’est sûr. Ils ne savaient pas grand-chose sur le soccer quand j’ai commencé, mais ils m’ont toujours soutenu de façon remarquable et ils ont été présents tout au long de mon parcours. Mes coéquipières à Guelph ont été formidables et j’aimerais aussi remercier mes anciens entraîneurs qui m’ont permis de devenir la joueuse que je suis aujourd’hui. Évidemment, l’entraîneur Shayne Campbell et le personnel d’entraîneurs au grand complet à Guelph. Ils ont été incroyables. Nous avons aussi une très solide équipe de préparateurs physiques qui m’a aidée à passer au travers quelques moments difficiles.
U SPORTS : Quels objectifs cherches-tu encore à réaliser à Guelph?
Rizakos : Il me reste une année à Guelph et je veux remporter une médaille d’or des SUO. Pour être honnête, si j’avais le choix, je prendrais ce titre avant n’importe quel honneur individuel. Chaque année, ça s’est passé de mieux en mieux, alors j’espère que la saison prochaine, ce sera la bonne. Après ça, je vais compléter ma maîtrise et décider ensuite si je veux continuer à jouer ou passer au doctorat.
U SPORTS : Que penses-tu de la croissance du soccer féminin au Canada?
Rizakos: C’est formidable. Je suis une très grande partisane du soccer féminin et j’ai suivi la croissance des ligues comme la NWSL au fil des ans. Maintenant, la présence de la Super Ligue du Nord au Canada permet d’offrir des possibilités qui n’existaient pas vraiment auparavant. Il y a vraiment un parcours au plus haut niveau que les jeunes joueuses peuvent viser maintenant, et c’est vraiment motivant.
U SPORTS : Qu’est-ce que ton cheminement dans U SPORTS a signifié pour toi?
Rizakos : Beaucoup. Je suis vraiment contente d’être restée au Canada et d’avoir joué dans les SUO. Le niveau de compétition est excellent et je n’ai jamais regretté le choix que j’ai fait. Je suis fière de représenter U SPORTS et fière de ce que le soccer universitaire au Canada est devenu.
U SPORTS : Quel conseil donnerais-tu aux jeunes athlètes?
Rizakos : De ne pas tout prendre trop au sérieux. Tu dois travailler fort et y mettre le temps, mais ne laissez pas vos erreurs ou vos échecs définir qui vous êtes. J’ai dû composer avec des blessures et des moments difficiles et c’est facile de perdre confiance. Il faut croire en soi, continuer de travailler et jouer à sa façon. Tout le monde a un parcours différent et rien ne dit que les échecs doivent t’empêcher de réaliser tes objectifs.
