Le parcours vers la réussite d’Emilia Mikanovich de la Biélorussie à U SPORTS
Déménager à l’autre bout du monde n’est jamais facile. Toutefois, pour Emilia Mikanovich, ç’a été un tremplin vers une remarquable carrière universitaire.
L’attaquante de l’Université Saint Mary’s est arrivée à Halifax en provenance de la Biélorussie en 2023, alors qu’elle ne connaissait qu’une seule coéquipière et a dû apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture et une nouvelle façon de jouer au volleyball. Quatre ans plus tard, c’est à titre d’une des joueuses les plus décorées dans l’histoire des Huskies et d’une des joueuses de premier plan de U SPORTS qu’elle quitte les rangs universitaires.
Mikanovich a couronné sa dernière saison en décrochant le titre d’athlète féminine de l’année du SUA et en étant sacrée joueuse de volleyball la plus utile à son équipe du SUA pour la deuxième année de suite. Deux fois choisie au sein de la première équipe d’étoiles canadiennes de U SPORTS, elle a aidé Saint Mary's à remporter deux championnats d’affilée du SUA et à se qualifier trois fois de suite pour le Championnat féminin de volleyball de U SPORTS. Elle a complété sa carrière avec une production de 910 attaques marquantes et 1052 points, ce qui la place parmi les joueuses les plus prolifiques dans l’histoire de son association.
Elle a aussi connu du succès en dehors du terrain. Mikanovich a été nommée parmi les Étoiles académiques canadiennes à chacune de ses quatre saisons, a complété un baccalauréat ès sciences en biologie avec une moyenne générale de 3,75 et elle a oeuvré comme bénévole au sein de la communauté de Halifax, tout cela en devant composer aussi avec les blessures et le fait de devoir s’adapter à la vie loin de chez elle.
Après avoir été nommée finaliste pour le volet féminin des prix Lois et Doug Mitchell remis aux athlètes de l’année de U SPORTS et alors qu’elle se prépare à entreprendre un nouveau chapitre de sa vie, Mikanovich s’est entretenue avec U SPORTS pour parler de son parcours, des gens qui l’ont aidée en cours de route et des apprentissages qu’elle a faits pendant son séjour au Canada.
U SPORTS : Qu’est-ce qui t’a amenée à commencer à jouer au volleyball ?
Mikanovich : Le sport a toujours fait partie de nos vies quotidiennes. Mon père voyageait beaucoup pour le volleyball et ma mère faisait de l’administration sportive, alors nous avons toujours été actifs dans ce domaine. C’était normal de grandir dans un contexte de compétition et de sport.
U SPORTS : Pourquoi as-tu décidé de venir au Canada ?
Mikanovich : Mon père m’avait toujours encouragée à étudier à l’étranger. En Europe, les athlètes jouent habituellement pour des équipes de club et poursuivent leurs études séparément. Le Canada m’offrait une occasion de combiner le volleyball de haut niveau et l’obtention d’un diplôme universitaire. L’éducation a toujours été une priorité pour moi, mais je voulais aussi continuer à jouer au volleyball. Le Canada m’a donné l’occasion de faire les deux.
U SPORTS : Comment s’est passée la période d’adaptation en arrivant à Saint Mary's ?
Mikanovich : Ç’a été difficile au début. J’avais seulement 19 ans, j’étais loin de la maison et il fallait que je m’habitue à une culture qui était complètement différente. C’est sûr qu’il y avait des défis à relever. J’ai tellement reçu de soutien de la part de mes coéquipières, de mes entraîneurs et de tout le monde à Saint Mary's. Avec le recul, c’est que j’apprécie le plus de l’expérience que j’ai vécue.
U SPORTS : À quel niveau penses-tu avoir évolué le plus ces quatre dernières années ?
Mikanovich : En tant que personne. À mon arrivée, j’étais très émotive et j’avais parfois de la difficulté avec mon langage corporel sur le terrain. Maintenant, je me sens beaucoup plus calme et plus confiante. J’ai appris à rester davantage d’humeur égale dans les moments difficiles et je pense que cette évolution m’a aidée à devenir une meilleure coéquipière et une meilleure leader.
U SPORTS : Comment décrirais-tu ton style de leadership ?
Mikanovich : Je ne suis pas quelqu’un qui fait de grands discours. Je préfère donner l’exemple dans ma façon de faire et prendre mes responsabilités quand l’équipe en a besoin. Si je vois quelqu’un qui a des difficultés, je vais essayer de la soutenir, d’aider à lui enlever un peu de pression ou d’être tout simplement là pour elle. C’est plus ça mon style.
U SPORTS : Quel rôle a joué ta coéquipière et ta compatriote biélorusse, Alena Piatukhova, dans ton parcours ?
Mikanovich : Un rôle énorme. Sans elle, l’expérience que j’aurais vécue aurait été très différente. Elle est plus vieille que moi et elle m’a aidée à passer à travers plusieurs moments difficiles. Je ne suis pas du genre à demander de l’aide, mais elle le savait toujours quand j’avais besoin de soutien. Elle m’a aidée à sortir de ma coquille et à m’ajuster à la vie au Canada.
U SPORTS : Comment décrirais-tu la culture qu’il y a au sein du programme des Huskies ?
Mikanovich : Il y a une belle unité. ‘Unité’, c’était d’ailleurs un des mots que notre équipe a retenus comme thème la saison dernière. Tout le monde se soutient les unes les autres. Tout le monde est amie avec tout le monde. Nous étudions ensemble, nous passons du temps ensemble et nous prenons soin les unes des autres. C’est vraiment spécial comme environnement.
U SPORTS : Selon toi, quelle a été la clé de votre succès ces deux dernières années ?
Mikanovich : La culture. Nous avons toujours eu des joueuses talentueuses, mais je pense que nous étions davantage connectées les unes aux autres. Nous avons commencé à communiquer davantage, à nous faire davantage confiance les unes les autres et à penser avant tout au groupe plutôt qu’à nous-mêmes. Une fois que tout ça était en place, tout a changé. Même cette saison, quand il y a eu des difficultés à surmonter au cours de la saison régulière, nous n’avons jamais douté de l’équipe parce que nous savions à quel point notre culture était maintenant solide.
U SPORTS : Qu’est-ce que ça signifie pour toi d’avoir remporté deux championnats du SUA d’affilée ?
Mikanovich : C’était formidable. Ça fait peut-être un peu bizarre à dire, mais j’ai toujours cru que nous allions gagner. J’avais tellement confiance dans mon équipe et les personnes de mon entourage. Le niveau de confiance que nous avions bâti ensemble était très élevé.
U SPORTS : Que penses-tu de tous les prix individuels que tu as remportés ?
Mikanovich : Pour être bien honnête, je n’en ai pas encore saisi toute l’ampleur. Je suis reconnaissante, mais les prix individuels n’ont jamais été mon but. J’ai toujours voulu que ce soit mon équipe qui ait du succès. Si mes performances aident mon équipe à gagner, c’est ce qui m’importe le plus.
U SPORTS : Qu’est-ce que cette nomination à titre de finaliste du prix de l’athlète de l’année signifie pour toi ?
Mikanovich : C’est bouleversant, mais au sens positif. Je suis reconnaissante, mais c’est difficile pour moi de me voir de cette façon parce qu’il y a tellement d’athlètes remarquables. C’est un immense honneur, mais je me vois encore juste comme quelqu’un qui essaie d’aider son équipe.
U SPORTS : Qui aimerais-tu remercier ?
Mikanovich : Tout d’abord, mon entraîneur Darren Russell. S’il n’avait pas été là, je ne serais probablement jamais venue au Canada. Je veux aussi remercier Alena, qui est comme de la famille pour moi, mes coéquipières, qui m’ont ouvert les bras dès le début et, évidemment, mes parents, qui m’ont appuyée à travers tout ça.
U SPORTS : Tes parents sont venus au Canada pour la cérémonie de remise des prix. À quel point était-ce spécial pour toi ?
Mikanovich : Très spécial. Je ne les avais pas vus depuis près de deux ans. Ils n’ont pas pu assister à la remise de diplômes ni à mon dernier match universitaire, alors le fait qu’ils soient là à cette occasion comptait beaucoup pour moi.
U SPORTS : Quelle est la prochaine étape en ce qui te concerne ?
Mikanovich : Je veux jouer dans les rangs professionnels. Je suis actuellement à la recherche de possibilités en Europe et j’espère continuer à jouer pendant quelques années encore. Après, j’aimerais faire une maîtrise et explorer la possibilité de faire carrière dans le domaine de la santé ou de la recherche.
U SPORTS : Qu’est-ce que dirait la plus jeune version de toi-même si elle voyait où tu en es maintenant ?
Mikanovich : Elle serait sous le choc. Quand j’étais plus jeune, je ne voulais pas vraiment jouer au volleyball. Ça ne faisait pas du tout partie du plan. Jamais je n’aurais pu imaginer aboutir au Canada, obtenir un diplôme ou être en nomination pour un prix du genre. Je pense qu’elle serait surprise par tout ce qui est arrivé.
U SPORTS : Quel conseil donnerais-tu aux jeunes joueuses de volleyball ?
Mikanovich : N’ayez pas peur. Si vous aimez le volleyball, donnez tout ce que vous avez. Travaillez fort, savourer le processus et faites-vous confiance. Si vous êtes prête à y mettre l’effort, il y a de bonnes choses qui vont vous arriver.
