Étienne Cloutier, pilier du Rouge et Or au football honoré parmi les Top 8 académiques
Étienne Cloutier n’a jamais dissocié l’excellence sportive de l’excellence académique. Pour le centre partant du Rouge et Or de l’Université Laval, les deux se nourrissent mutuellement, portées par une discipline rigoureuse, une passion assumée et une capacité rare à performer sous pression. Cette approche lui a valu de figurer parmi le Top 8 des Étoiles académiques canadiennes de U SPORTS 2024-2025, une reconnaissance nationale qui couronne un parcours exceptionnel à la fois sur le terrain et en classe.
Cloutier a complété à l’automne 2024 sa cinquième et dernière saison de football universitaire, jouant un rôle clé au sein de la ligne offensive du Rouge et Or dans le cadre de la conquête historique de la Coupe Vanier. Un des capitaines de l’équipe et centre partant dans les 12 matchs de la saison, il incarnait la stabilité et le leadership au cœur d’un programme reconnu pour sa rigueur et sa constance au plus haut niveau du football universitaire canadien.
« C’est quand même une fierté pour moi d’être parmi les meilleurs au pays, d’avoir été capable de performer tant dans mon sport qu’en classe dans l’école, confie Cloutier. D’avoir été capable d’élever les deux disciplines, pas juste une ou l’autre ».
Originaire de Québec, Cloutier a grandi littéralement dans l’environnement du Rouge et Or. Son père faisait partie des premières cohortes du programme de football de l’Université Laval, fondé en 1995, et a contribué à la première conquête de la Coupe Vanier du Rouge et Or en 1999. Plus tard, il est revenu au sein de l’organisation comme entraîneur. Cette proximité a profondément marqué le parcours d’Étienne.
« J’ai toujours été autour de cette organisation-là. Je venais voir les parties la fin de semaine, je connaissais les joueurs, les entraîneurs, raconte-t-il. Ça m’a donné envie de mettre les efforts nécessaires pour un jour atteindre le niveau d’excellence requis pour jouer pour l’Université Laval ».
Sur le terrain, Cloutier s’est illustré par sa polyvalence, occupant différentes positions sur la ligne offensive avant de s’imposer comme centre. À partir de sa troisième saison universitaire, il est devenu partant régulier, consolidant sa place au sein de l’unité offensive et gagnant le respect de ses coéquipiers par sa constance et sa préparation.
« Être partant, ça demande une responsabilité quotidienne, explique-t-il. Il faut être prêt chaque entraînement, chaque match, peu importe les circonstances ».
Cette exigence, Cloutier l’a transposée avec le même sérieux dans son parcours académique. Après un cégep en sciences informatiques et mathématiques, il a amorcé ses études universitaires en génie physique avant de transférer vers le baccalauréat en finance quantitative dès la création du programme à l’Université Laval. Un choix qu’il qualifie de déterminant.
« Ce programme-là regroupait vraiment toutes mes passions : la finance, l’informatique et les mathématiques, souligne-t-il. Ça n’a pas pris de temps avant que je fasse le switch ».
Il a complété son baccalauréat avec une moyenne parfaite de 4,33 sur 4,33, obtenant des A+ dans l’ensemble de ses cours, un exploit qu’il a accompli tout en évoluant au plus haut niveau du football universitaire et en remportant deux Coupes Vanier. Aujourd’hui inscrit à la maîtrise en ingénierie financière, Cloutier maintient cette même moyenne exceptionnelle de 4,33, une réalisation parmi les plus remarquables de l’histoire académique de U SPORTS.
« La maîtrise, c’est la continuité du bac, mais avec des cours plus difficiles, plus exigeants, explique-t-il. Quand on est passionné par les sujets académiques, ce n’est pas difficile de mettre le temps et les efforts nécessaires pour bien comprendre la matière et performer ».
Sa passion actuelle se situe à la croisée de la finance et de l’intelligence artificielle, un domaine qu’il explore à travers des cours spécialisés et qu’il envisage déjà comme fondement de sa future carrière.
« Quand on ouvre le capot, on se rend compte que l’intelligence artificielle, c’est beaucoup de mathématiques, de statistiques, de données, dit-il. C’est ça qui me passionne : comprendre pourquoi ça fonctionne, comment l’intégrer à la finance ».
Conciliant football et études exigeantes, Cloutier a développé une méthode de gestion du temps quasi chirurgicale. Pendant la saison, le football occupait une place comparable à un emploi à temps plein, avec des entraînements quotidiens et des matchs chaque weekend.
« Mon horaire était planifié presque à la minute près, raconte-t-il en souriant. Il fallait être discipliné, rigoureux, et s’y tenir ».
Cette discipline est, selon lui, la clé de sa réussite.
« Quand on est passionné, on ne compte pas les heures. À la fin, les efforts sont récompensés, et c’est extrêmement gratifiant. »
Au-delà de ses performances individuelles, Cloutier a aussi consacré du temps à soutenir les autres. Il s’est impliqué comme mentor auprès de plus jeunes étudiants-athlètes et a participé à diverses initiatives communautaires, notamment des visites dans les hôpitaux et des programmes de soutien destinés à des jeunes issus de milieux défavorisés.
Son parcours est aussi marqué par une forte dimension familiale. En 2024, il a remporté la Coupe Vanier aux côtés de son frère Justin, qui s’est joint au Rouge et Or en 2023.
« C’était un immense sentiment de fierté pour mon père de voir ses deux fils gagner une Coupe Vanier ensemble, au sommet du football canadien », confie-t-il.
Aujourd’hui, alors que son parcours universitaire tire à sa fin, Cloutier prend le temps de mesurer le chemin parcouru et d’offrir un message clair à la prochaine génération d’étudiants-athlètes.
« Ce qui est gratifiant n’est jamais facile, dit-il. Ça demande des sacrifices, des efforts constants, de la discipline et de la passion. Toutefois, quand on arrive au sommet et qu’on regarde le chemin parcouru, on se rend compte que tout en valait la peine ».
