Philippe Lacasse nageur pour le Vert et Or repousse ses limites à chaque longueur
Philippe Lacasse nage plus que des longueurs de piscine. L’étudiant en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke incarne la discipline, la résilience et la passion du sport d’endurance, que ce soit en bassin ou en eau libre.
À 22 ans, Lacasse en est à sa deuxième saison avec le Vert & Or. Spécialiste des longues distances, il consacre une bonne partie de son temps à s’entraîner avec l’équipe Vert & Or de Sherbrooke. Mais avant de se tailler une place dans les rangs universitaires, il a fait ses classes au club de natation de Québec et dans son club d’enfance à Rimouski.
« Ce que j’aime dans la natation, c’est que c’est un sport où tu n’as personne d’autre à blâmer. C’est toi contre toi-même. Tu t’améliores comme athlète, mais aussi comme personne », dit-il.
Lacasse jongle avec un horaire bien rempli entre ses études et ses entraînements. Il estime que la clé pour réussir, c’est de prendre une journée à la fois.
« Si tu regardes tout d’un coup, ça peut sembler énorme. Mais un examen à la fois, une pratique à la fois, et tu te rends compte que tu es capable de tout faire. »
Le programme coopératif en ingénierie de Sherbrooke, qui combine études et stages, lui permet de gagner de l’expérience professionnelle tout en poursuivant sa carrière sportive.
En natation, Lacasse excelle autant dans la piscine que dans les eaux ouvertes, une spécialité exigeante tant physiquement que mentalement. Il se démarque particulièrement dans des épreuves comme le 1500 m, mais son terrain de jeu préféré reste les longues traversées.
La plus marquante : la Traversée internationale du lac Saint-Jean, un parcours de 32 kilomètres réputé pour sa difficulté et la température glaciale de l’eau.
« La première fois, j’ai réussi à la compléter, mais l’été dernier, j’ai été contraint d’abandonner. J’étais trop en hypothermie pour répondre aux questions de l’équipe médicale sur le bateau, alors ils m’ont sorti de l’eau. C’était dur mentalement. »
Ce moment, loin de le décourager, l’a plutôt poussé à se dépasser davantage. Un mois plus tard, il a traversé les eaux chaudes de la Méditerranée entre Capri et Naples, en Italie.
« Après Saint-Jean, je doutais de moi. Mais l’Italie m’a redonné confiance. Ça valait les trois semaines d’entraînement supplémentaires. »
L’eau libre, dit-il, ajoute un niveau de complexité qui n’existe pas en piscine : l’orientation, les conditions naturelles, et la stratégie de course, notamment le “drafting” — une technique de succion qui permet de nager dans la vague créée par un concurrent pour économiser de l’énergie.
« En piscine, tu as ton couloir. En eau libre, tu peux te positionner derrière un nageur pour tirer profit de son sillage. Il faut apprendre à regarder devant, à se repérer, à gérer son effort sans repère précis de temps. »
Heureusement, Lacasse peut compter sur l’appui constant de son entraîneur, David Bruandet. Il loue la présence et le dévouement de celui qui l’accompagne depuis ses débuts à Sherbrooke.
« Il était là matin et soir, souvent avant nous, toujours prêt à encadrer la séance. L’été, il venait en kayak sur le lac pour nous suivre en entraînement. Il a fait des sacrifices, et ça, on ne le retrouve pas partout. »
Au sein de l’équipe de Sherbrooke, l’esprit de camaraderie est aussi un moteur. Les nageurs de fond s’entraînent souvent ensemble et maintiennent un lien solide hors de la piscine — notamment lors des traditionnelles sorties hebdomadaires aux restaurants locaux.
Lacasse vise maintenant un retour réussi au lac Saint-Jean, avec l’objectif de compléter la traversée et d’améliorer sa gestion du froid. Une prise de poids stratégique est au programme, afin de mieux tolérer les longues heures dans l’eau glacée.
Et bien qu’il aime la course, les médailles ne sont pas son principal moteur.
« Ce n’est pas juste une question de gagner. C’est une question de se pousser. De ne pas abandonner quand ça devient difficile. »
