Oliver Kristoffersen veut donner de l’élan à l’équipe de basketball masculin d’Algoma
Aux yeux d’Oliver Kristoffersen, aller à Algoma représentait bien plus qu’une simple possibilité de jouer au basketball.
L’arrière danois y a vu une chance d’aider à bâtir quelque chose d’important, alors qu’il a rejoint les rangs d’une équipe des Thunderbirds où la vision était claire et dont le groupe s’était collectivement engagé à changer la culture.
Surtout, Kristoffersen a apprécié l’honnêteté des gens qui dirigeaient le programme.
« Algoma a toujours eu une équipe perdante au fil des ans dans U SPORTS, souligne-t-il. J’ai beaucoup aimé la façon dont les entraîneurs ont été très honnêtes en décrivant la situation. Ils n’ont pas essayé de dorer la pilule. Ils ont dit que ça allait être difficile et qu’il fallait changer certaines choses ».
L’athlète de six pieds s’est donc retrouvé à Sault Ste. Marie à la suite d’un parcours dans le basketball qui a commencé à des milliers de kilomètres de là au Danemark.
Quand il avait neuf ou 10 ans, la mère d’un ami l’a invité à participer à un entraînement de basketball. Le père de son ami avait joué dans les rangs professionnels et Kristoffersen a décidé de s’y essayer à son tour.
« J’ai commencé à jouer et je ne me suis jamais arrêté, raconte-t-il. J’ai arrêté de jouer au soccer et ensuite, je me suis consacré entièrement au basketball ».
Après avoir évolué dans un club de sa ville d’origine, il a fréquenté une académie à Copenhague, puis l’académie de l’équipe professionnelle de sa ville. Après deux années passées dans une académie, il a franchi l’Atlantique afin de devenir un étudiant-athlète en Amérique du Nord, comme il rêvait de le faire.
Des Américains qui jouaient au Danemark lui avaient souvent parlé de leurs années à l’université.
« Ils me disaient que ç’avait été les quatre plus belles années de leur vie, affirme Kristoffersen. J’aimais l’idée de jouer pour un établissement scolaire. Ça n’existe pas vraiment chez nous ».
Le Canada n’était pas dans sa mire au départ. Toutefois, par l’entremise d’un entraîneur qu’il connaissait, il a fini par regarder du côté de Olds College en Alberta et, quand l’occasion s’est présentée, il a fini par considérer qu’aller au nord de la frontière « allait de soi ».
La phase de transition a toutefois apporté son lot de défis.
Même si le Canada et l'Europe adhèrent tous les deux aux règles de la FIBA, Kristoffersen a vite constaté que la façon de jouer était différente.
« Tu as beau être un très bon joueur, il y a quand même une certaine courbe d’apprentissage », fait-il remarquer.
L’adaptation a toutefois été plus rapide qu’il ne s’y attendait en dehors du terrain.
« Les gens sont tellement gentils au Canada en général, dit-il. Je n’ai pas eu tellement de difficulté à m’acclimater ».
À cet égard, il donne le crédit à ses coéquipiers et à ses entraîneurs, qui l’ont aidé à s’y retrouver, autant dans le domaine du basketball que pour des choses comme faire l’épicerie.
« Je dirais que la clé, c'est de ne pas avoir peur de poser de questions, affirme Kristoffersen. Bien souvent, les gens ont peur de reconnaître qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. J’ai eu la chance d’avoir de très, très bons coéquipiers ».
Cette volonté de demander conseil et d’apprendre au contact des autres s’est avérée un élément particulièrement important au cours de sa première saison à Algoma.
Les Thunderbirds n’ont remporté que deux matchs, ce qu’il a trouvé particulièrement difficile, lui qui reconnaît ouvertement qu’il déteste perdre. Pourtant, Kristoffersen y a vu là quelque chose d’utile.
« Nous sommes très chanceux d’avoir le groupe que nous avons, indique le Danois. Tout le monde a gardé le cap tout au long de la saison. C’était dur mentalement, mais il y a eu des apprentissages à en retirer ».
Sa passion pour le basketball lui a permis de rester concentré sur la tâche à accomplir.
« J’adore tout simplement jouer au basketball, dit-il. Si tu aimes ce que tu fais, ce n’est pas difficile de tenir le coup et de continuer ».
Au-delà du basketball, Kristoffersen a bien fait à sa première année d’études, se retrouvant parmi les Étoiles académiques canadiennes. Maintenir un tel niveau d’excellence fait maintenant partie de ses objectifs personnels.
« Je trouve que c’est le minimum à atteindre en ce qui me concerne, avoue-t-il. Au bout du compte, nous sommes des étudiants-athlètes ».
En vue de la prochaine saison, Kristoffersen a établi des objectifs qui ne se résument pas seulement au nombre de victoires et de défaites.
Quand sa mère a été son entraîneure au soccer, il a appris l’importance de l’effort. Maintenant, il espère laisser une empreinte durable sur le programme des Thunderbirds.
« Nous voulons établir une culture ici avant de quitter, indique-t-il. Je veux être fier des progrès que nous aurons faits et de l’héritage que nous aurons laissé à l’équipe ».
Pour ce joueur qui a voyagé d’un bout à l’autre de la planète en quête d’une occasion, la réussite se mesure au final par quelque chose de plus important que le classement.
« C’est la culture et le niveau des attentes que nous allons établir en vue des années futures du programme, note Kristoffersen. C’est à cet égard que je veux vraiment réussir ».
