Mathilde Rousseau : une carrière universitaire exemplaire en soccer
À seulement 24 ans, Mathilde Rousseau a déjà accompli ce que peu d’étudiantes-athlètes osent rêver : cinq saisons au sein du prestigieux programme de soccer du Rouge et Or de l’Université Laval, tout en complétant un doctorat en médecine. Entre les salles de classe et les terrains de soccer, elle a su trouver un équilibre remarquable, guidée par la passion, la discipline et un esprit d’équipe indéfectible.
« Je suis à ma cinquième année, donc je conclus mon parcours cette année, dit-elle. C’est sûr que ça fait de grosses années, cinq ans à jumeler les deux. Cependant, je suis quelqu’un qui aime les journées chargées et les défis. »
Rousseau a amorcé sa carrière universitaire comme attaquante avant de reculer graduellement sur le terrain.
« Je me retrouve davantage au poste de défenseure latérale. J’ai occupé plusieurs postes au fil des années », explique-t-elle.
Cette polyvalence reflète son approche du sport : ouverte, collective et axée sur la croissance.
« Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les activités d’équipe, l’aspect social autour du soccer. Je suis reconnaissante de tout ce côté de mon expérience universitaire ».
Le soccer n’a pas toujours été la seule passion sportive de Rousseau. Enfant, elle a touché à tout : basketball, volleyball, natation, plongeon et même le cheerleading.
« Je crois que je les ai toutes essayées pour être vraiment sûre de trouver celui qui me convenait vraiment, raconte-t-elle. À travers tous ces essais-là, j’ai toujours continué à jouer au soccer. C’était un sport qui me rejoignait. »
C’est au CÉGEP que sa passion s’est véritablement consolidée.
« C’est plus là que j’ai commencé à être plus sérieuse, à intégrer des équipes semi-professionnelles », dit-elle.
Quand est venu le temps de choisir son université, Laval s’est imposée naturellement.
« Je trouvais que les programmes québécois étaient vraiment très bons. Pour mes études en médecine, ça simplifiait les choses de rester proche »
Cinq saisons plus tard, le bilan est éloquent : deux médailles d’argent et deux de bronze aux Championnats de U SPORTS. Au-delà des résultats, Rousseau retient surtout les leçons de résilience et de leadership.
« Il y a eu des années où tout le monde était aligné, d’autres plus difficiles. Par contre, je crois que j’ai appris la résilience, que tout ne peut pas toujours aller comme on veut », affirme-t-elle.
Capitaine au sein d’un groupe jeune, elle a vu de près la valeur du travail collectif.
« Le sport, c’est formateur. En commençant mes stages en médecine, je voyais comment le soccer m’avait appris à travailler sous pression, à prendre des initiatives, à collaborer. Ce sont des compétences qu’on développe sans s’en rendre compte », ajoute-t-elle.
Rousseau a eu l’honneur de représenter le Canada à la Coupe du monde universitaire de FISU 2025 en Chine, après avoir déjà participé aux Championnats panaméricains en Uruguay l’année précédente.
« C’était comme une vraie mini Coupe du monde. La structure, l’organisation, tout était impressionnant, » dit-elle.
Affronter des équipes de calibre du Brésil, de l’Australie et de la Chine a marqué la jeune défenseure.
« On se sentait vraiment dans un environnement professionnel. On a pu voir les différentes cultures du soccer, c’était une belle exposition », indique-t-elle.
Même si le Canada s’est incliné en finale, Rousseau garde un souvenir impérissable de cette expérience.
« On était un peu déçues de ne pas remporter l’or, mais nous étions fières de notre parcours. Jouer dans un stade devant 20 000 personnes, c’est un sentiment qu’on ne vivra peut-être jamais plus », dit-elle.
À la fin de son parcours universitaire, Rousseau regarde vers l’avenir avec sérénité.
« Je me sens assez nostalgique. Cinq belles années, ça laisse sa marque », confie-t-elle.
Elle prévoit entamer sa résidence en médecine dès juillet.
« Ce sera une carrière à temps plein qui se prête moins au soccer. Je vais peut-être essayer de jumeler les deux, en décalant un peu mon entrée en résidence d’un an, pour vivre l’expérience du soccer professionnel », dit-elle.
Pour Rousseau, le secret de la réussite tient en un mot : la passion.
« Il faut le faire par passion, parce que les dernières années ont été belles, mais aussi pleines de défis. Ce qui fait qu’on passe à travers, c’est l’amour du jeu et des coéquipières ».
