Kiyara Letlow allie excellence sur le terrain et ambition académique à l’Université Queen’s
La carrière de basketball universitaire de Kiyara Letlow se caractérise par ses progrès dans le jeu, son leadership et sa compréhension du sport, tant sur le terrain qu’en dehors.
Alors qu’elle termine sa dernière saison avec les Gaels de Queen’s, la joueuse originaire de Toronto a su combiner excellence sur le terrain et ambition académique, s’imposant comme l’une des meilleures de U SPORTS au chapitre des rebonds.
Letlow a commencé à jouer au basketball organisé à l’adolescence et s’est rapidement intéressée au processus d’apprentissage.
« J’aimais jouer. J’aimais apprendre les règles du jeu, explique-t-elle. J’aimais voir mes progrès ».
Cette curiosité et cet engagement l’ont guidée tout au long du circuit préparatoire et jusqu’au basketball universitaire, même quand elle devait s’adapter à des systèmes et à des environnements compétitifs qui lui étaient inconnus. Vers la fin de son parcours au secondaire, elle a commencé à envisager la possibilité de poursuivre sa carrière sportive au niveau universitaire.
« J’apprenais comment ce sport fonctionnait et nous avions du succès, raconte-t-elle. Je me voyais bien continuer sur ce chemin après le secondaire ».
Son processus de recrutement comprenait plusieurs visites d’universités, ce qui l’a finalement conduite au Cap-Breton, où l’aspect du développement s’est immédiatement démarqué.
« L’une des premières choses que l’entraîneur m’a dites, c’est : ‘Tu es bonne, mais tu n’es pas assez bonne’, rappelle Letlow. J’ai aimé ça. J’ai aimé que l’accent soit mis sur le développement ».
L’adaptation s’est faite naturellement.
« Dès que je suis arrivée là-bas, j’ai senti que je devais être là, dit-elle. C’était juste intuitif ».
Letlow est arrivée au Cap-Breton pendant la pandémie de COVID-19, une période qui a bouleversé son développement. Alors que les compétitions étaient suspendues, l’entraînement s’est intensifié.
« Nous étions environ sept, explique-t-elle. On s’entraînait plusieurs heures par jour, cinq jours par semaine. Pas de matchs, seulement du développement ».
Cette période s’est avérée déterminante. Encore au début de sa carrière de joueuse de basketball, Letlow a assimilé la terminologie, les concepts défensifs et les détails liés aux différentes positions, accélérant ainsi sa progression.
« Quand je suis revenue après ma première année, j’étais bien meilleure qu’avant, dit-elle. J’avais énormément appris sur le jeu ».
Dès le début de sa carrière au sein de U SPORTS, Letlow a fait des rebonds sa spécialité, un aspect du jeu qui est rapidement devenu sa marque de commerce.
« J’ai toujours été bonne sur les rebonds, affirme-t-elle. C’est devenu une force offensive pour moi ».
Cette persévérance s’est poursuivie tout au long de ses années au Cap-Breton, marquées à la fois par des succès et des difficultés, notamment en frôlant le titre de championnat à sa première saison.
« J’ai beaucoup appris », résume-t-elle.
Après avoir obtenu son baccalauréat avec mention en psychologie, Letlow a dû prendre une autre décision importante. Avec une année d’admissibilité restante et des options académiques limitées correspondant à ses objectifs, elle était prête pour un nouveau défi.
La possibilité de poursuivre une maîtrise, de se rapprocher de chez elle et de se joindre à un programme dont elle appréciait le style de jeu l’a menée à Queen’s.
« Au début, c’était intimidant, admet-elle. Nouveau système, nouvelle terminologie, nouvel environnement ».
Le soutien des entraîneurs et de ses coéquipières a toutefois facilité la transition.
« Elles ne m’ont jamais compliqué la tâche, dit Letlow. Je me suis sentie vraiment soutenue ».
Ce soutien a pris tout son sens quand Letlow a battu le record de rebonds de U SPORTS à sa saison avec les Gaels. Plutôt que de se concentrer sur cette réussite individuelle, elle se souvient de la réaction de l’équipe.
« Elles jetaient de l’eau sur moi, raconte-t-elle. Elles m’ont vraiment célébrée ».
En dehors du terrain, Letlow complète actuellement une maîtrise en psychologie du sport. Ses recherches s’appuient autant sur la littérature scientifique que sur son vécu personnel. En tant qu’athlète métisse, elle souligne que certains stéréotypes peuvent engendrer une pression supplémentaire en contexte compétitif, influençant la perception des athlètes par les entraîneurs, les officiels, les partisans et les médias. Sa thèse porte sur la présence des stéréotypes raciaux dans le sport et leurs effets sur les athlètes noirs et métis, avec un accent particulier sur les femmes, un groupe qu’elle estime largement sous-représenté dans les recherches actuelles.
« On a parfois l’impression de devoir franchir un obstacle de plus, explique-t-elle. Pas seulement l’adversaire ».
Ce projet est profondément personnel et animé par le désir de contribuer à un changement concret dans le milieu sportif.
« Je voulais faire quelque chose qui aurait une influence, déclare-t-elle. Quelque chose qui amènerait les gens à remettre en question la façon dont ils perçoivent les athlètes ».
Alors que sa carrière au sein de U SPORTS tire à sa fin, Letlow envisage des occasions professionnelles à l’étranger, portée par le même état d’esprit qui l’a guidée jusqu’ici.
« J’ai hâte, conclut-elle. C’est un sentiment partagé, mais je suis prête pour la suite ».
