Kingsley Belele concilie les chiffres, le soccer et de grands rêves au moment où les Varsity Blues accueillent le championnat national
Alors que les Varsity Blues de Toronto s’apprêtent à accueillir le Championnat de soccer masculin de U SPORTS 2025, l’attaquant Kingsley Belele essaie de savourer chacun des instants de sa dernière et cinquième saison tout en parvenant à rester positif à l’occasion de la période qu’il considère comme la plus occupée de sa vie jusqu’ici.
« Je suis une personne très extravertie, affirme Belele d’entrée de jeu. J’essaie de lancer des blagues quand je suis avec les autres membres de l’équipe, mais quand c’est le temps d’être sérieux, je suis sérieux. À l’extérieur du soccer, je dirais que je suis quelqu’un qui travaille dur. Les gens disent que j’ai du charisme. J’essaie juste d’apprendre de nouvelles choses et de savourer chacune des journées qui
passent ».
Le parcours de l’athlète de Scarborough au soccer a commencé avec le Club de soccer East York au moment où il allait en première année à l’école. Il s’est ensuite promené d’un programme à l’autre dans la région de Toronto — Wexford, North Toronto SC et, éventuellement, Woodbridge SC, le club qui lui a servi de tremplin vers les rangs universitaires.
« Woodbridge, je trouvais que c’était loin, alors ç’a été tout un engagement pour mes parents et mes amis, raconte-t-il. Cependant, c’était une organisation sérieuse quand venait le temps de nous développer en tant que joueurs et étudiants. C’est pourquoi j’ai pu aboutir à l’Université de Toronto, ils se sont assuré que je prenne mes études aussi au sérieux que le soccer ».
Comme bien des jeunes, Belele a jadis rêvé de jouer au soccer dans les rangs professionnels. Une fois à l’école secondaire, il a réalisé qu’une bonne éducation pouvait aussi lui ouvrir des portes intéressantes.
« Quand j’ai vu qu’il y avait une possibilité à l’Université de Toronto, un des plus grands établissements d’enseignement au monde, je me suis dit, ‘OK, c’est une très belle occasion, je vais la prendre’ ».
Belele a obtenu son diplôme de premier cycle en géographie humaine, un domaine qu’il a découvert quasiment par hasard.
« Je ne savais pas vraiment dans quel champ d’études je voulais me diriger au début, dit-il. La géographie humaine, c’est l’étude de la façon dont les gens se déplacent à l’intérieur des villes et comment tout ça est relié à la planification urbaine. Je trouvais ça intéressant ».
C’est seulement plus tard qu’il a considéré l’enseignement, après avoir agi comme entraîneur pour les jeunes à temps partiel.
« J’ai fait beaucoup d’entraînement individuel avec des enfants et j’ai pensé, pourquoi ne pas devenir enseignant? J’ai présenté ma candidature pour le programme de maîtrise en enseignement à l’Université de Toronto et me voici ».
Le passage du premier cycle aux études supérieures a nécessité un ajustement important.
« C’est pas mal plus de travail, souligne Belele. Il y a des présentations et des projets de groupe. Ils te préparent pour devenir un enseignant, alors tu es tout le temps occupé. Toutefois,j’aime ça. »
Cette charge de travail s’ajoute à son horaire de joueur de soccer. Les cours ont lieu entre 9 h à 16 h, tandis que les séances d’entraînement de l’équipe commencent souvent à neuf heures du matin.
« C’est un drôle d’équilibre à trouver, assure Belele. Au début, c’était difficile, mais c’est un défi stimulant. J’apprends comment établir mon horaire et gérer mon temps ».
Il a adopté une approche méthodique : « Quand on me donne du travail à faire, je le fais tout de suite. Si la date de remise est la semaine prochaine, pas question de procrastiner. C’est ce que je faisais au premier cycle et j’ai appris ma leçon ».
Ce sens de la discipline a porté ses fruits dans le cadre du dénouement digne d’un conte de fée que son équipe a connu cette saison, à l’occasion du championnat d’association. Les Varsity Blues ont décroché leur premier titre des SUO depuis 2010 grâce à une victoire de 2-0 en prolongation contre les Lions de York, le 1er novembre au Varsity Stadium. Il s’agissait de la 51e fois que le programme était couronné ainsi à l’échelle provinciale, en remontant jusqu’en 1904, et cela permet à Toronto d’être la formation la mieux classée des SUO en vue du championnat national.
À la 107e minute de jeu, le milieu de terrain de quatrième année Michel Osorio y est allé d’une passe en profondeur parfaite en direction de Belele, qui a repris le retour de son tir initial pour battre le gardien de but des Lions Michael Williams et marquer le but décisif. Les Blues, qui ont affiché un bilan de 10-1-1 en saison régulière, ont donc complété la phase éliminatoire avec une fiche parfaite de 3-0.
Toronto, l’équipe la mieux classée, accueillera le Championnat masculin de soccer de U SPORTS 2025 du 6 au 9 novembre au stade Varsity, ce qui donnera à Belele l’occasion de couronner sa carrière universitaire sur la plus grande des scènes à ce niveau.
« Je suis triste que ce soit ma dernière année, mais je suis content que nous soyons les hôtes, dit-il. De mettre un point final à tout ça à la maison, c’est bien. Nous avons le bon groupe, les bons entraîneurs et les bons joueurs pour réussir. Ça va être un bon défi ».
La présence de sa famille et de ses amis dans les gradins va lui permettre de vivre une expérience encore plus spéciale.
« Tous mes amis et ma famille ne sont pas très loin, alors je sais qu’ils vont venir assister aux matchs, avance-t-il. Les gens à l’université vont en entendre parler. Ça va être quelque chose de vraiment plaisant ».
Belele a vu la culture d’équipe évoluer au fil des cinq saisons qu’il a passées dans l’uniforme bleu et blanc.
« Il y a toutes sortes de personnalités différentes dans le groupe, mais la chimie est bonne entre nous, remarque-t-il. Nous donnons 100 pour cent dans tout et nous travaillons les uns pour les autres. Nous faisons tout ça pour atteindre un objectif commun ».
Belele considère qu’il doit être un bon leader pour ses plus jeunes coéquipiers.
« J’essaie d’être le chef de file des plus jeunes sur la ligne avant, de leur montrer ce que j’ai appris pour réussir à aider l’équipe, dit-il. Le sport t’aide à développer des qualités de leadership. Tu es toujours entouré d’un groupe de personnes. C’est semblable à l’enseignement, où tu interagis avec une classe d’étudiants ou des collègues ».
Les études, le soccer et le travail à temps partiel ne laissent guère de place à autre chose dans sa vie.
« C’est un rythme effréné, reconnaît-il en riant. Ça aussi j’aime ça ».
La santé mentale est devenue une priorité pour l’équipe. Les Blues ont récemment commencé à tenir des séances de méditation de groupe menées par le personnel d’entraîneurs.
« Notre entraîneur nous demande de méditer avant l’entraînement, affirme Belele. Il sait que nous avons des cours et des entraînements tous les jours, alors ça nous donne une période de calme, où nous pouvons contrôler nos pensées. Ça aide vraiment. Quand tu es stressé, tu inspires et tu expires, puis tu te sens mieux ».
Les leçons qu’il a apprises, il les applique aussi dans la vie en dehors du sport.
« Si ce n’est pas quelque chose que je peux contrôler, je ne me fais pas de souci avec ça », souligne-t-il. Je fais seulement ce qui est entre mes mains et je me fie aux autres pour le reste ».
Cette mentalité, a-t-il ajouté, façonne sa manière de voir la vie.
« Nous avons appris, grâce à la méditation, à ne pas penser au passé, puisque ce sont des choses qui sont déjà arrivées, et à ne pas penser au futur parce que ce sont des choses qui ne sont pas encore arrivées. Il faut se concentrer sur ce qui se trouve devant toi. Si tu fais ça, ça va aller ».
Après avoir représenté l’Université de Toronto toutes ces années, Belele affirme qu’il ne tient pas l’expérience qu’il a vécue pour acquise.
« Bien des joueurs de la ville adoreraient jouer ici, a-t-il noté. Nous apprécions chaque jour qui passe. C’est une occasion formidable, en matière de visibilité, de progression, pour tout. Je suis très reconnaissant ».
Belele affirme que le principal conseil qu’il donnerait aux jeunes étudiants-athlètes, ce serait de travailler fort et de garder un bon équilibre de vie.
« Tu ne peux pas jouer si tu n’as pas de bonnes notes, tu ne seras pas admis à l’université si ce n’est pas le cas, affirme-t-il. Il faut gérer les études et le soccer, et travailler fort dans les deux cas. C’est ça le plus important si tu veux être un athlète universitaire de premier plan ».
Selon Belele, il faut être dans le moment présent et persévérer pour réussir.
« Il faut se concentrer sur le moment qui passe, dit-il. Il faut y aller un jour à la fois. C’est comme ça que je vis ma vie, et c’est comme ça que je joue sur le terrain ».
