Du Japon à Lethbridge, Kai Sakaguchi s’impose comme leader de l’équipe masculine de soccer des Pronghorns
Joueur de soccer à l’Université de Lethbridge, Kai Sakaguchi a passé la majeure partie de sa vie à s’épanouir grâce à ce sport dont il est tombé amoureux dès son enfance.
Alors qu’il endosse désormais un rôle de leader au sein du programme des Pronghorns, le parcours de Sakaguchi reflète des années de discipline, d’introspection et de résilience qui ont commencé bien avant son arrivée au Canada pour poursuivre ses études universitaires.
« Je suis né à Calgary, j’ai déménagé au Japon, et j’ai probablement passé la majeure partie de ma vie, soit environ 18 ans, au Japon, raconte Sakaguchi. Je suis revenu pour l’université. »
Sakaguchi a découvert le soccer après avoir regardé la Coupe du Monde de la FIFA 2010 en Afrique du Sud. À l’époque, il pratiquait plusieurs sports, dont le baseball et le tennis, mais aucun ne lui parlait autant que le soccer.
« Je suis tout simplement tombé amoureux de ce sport, dit-il. Ça fait 16 ans que je ne vis que pour le soccer, 24 heures sur 24, sept jours sur sept ».
Sakaguchi explique que le fait d’avoir grandi au Japon l’a initié à une culture du soccer extrêmement compétitive. Contrairement au modèle multisports courant au Canada, les athlètes japonais se consacrent généralement à un seul sport tout au long de l’année. Cet engagement a façonné son développement tant sur le plan physique que mental.
« Surtout au secondaire, la compétitivité était très forte, assure-t-il. Chaque équipe essaie de se démarquer ».
Sakaguchi a joué aux côtés de joueurs de niveau provincial et a rapidement compris que la réussite au plus haut niveau dépendait souvent de détails que beaucoup négligent.
« Les détails comptent énormément, explique-t-il. Les étirements après l’entraînement, la première touche de balle, la communication. Tous les bons joueurs parvenaient généralement à maîtriser ces détails naturellement ».
Concilier études et sport était un autre défi. Sakaguchi s’entraînait trois à quatre heures par jour tout en essayant de suivre un programme scolaire exigeant. Ses deux parents étant enseignants, les études n’étaient jamais facultatives.
« Mes parents accordaient une grande importance à la partie scolaire, confie Sakaguchi. Ce n’était jamais facile de concilier les deux ».
Il estime néanmoins que ces habitudes l’ont bien préparé à la vie universitaire.
« J’ai désormais de bonnes habitudes et une bonne routine pour me préparer aux examens tout en gérant le sport, dit-il.
Le retour de Sakaguchi au Canada n’était à l’origine pas du tout lié au soccer. Pendant la pandémie de COVID-19, il a commencé à envisager différentes options universitaires et s’est tourné vers les programmes d’éducation et de kinésiologie au Canada.
« Issu d’une famille qui compte de nombreux enseignants, j’ai naturellement voulu devenir éducateur moi aussi, raconte-t-il.
C'est finalement l'université de Lethbridge qui l'a accueilli, après qu'il eut pris contact avec le programme de soccer et obtenu la possibilité d'intégrer l'équipe à titre de joueur non recruté.
« Honnêtement, c'était un peu du genre : “Ouais, tu peux venir si tu veux”, rappelle-t-il en riant. J'ai contacté l'entraîneur et lui ai demandé si je pouvais faire un essai pour intégrer l'équipe ».
S'ensuivit alors une transformation progressive, tant pour Sakaguchi que pour le programme des Pronghorns.
« Quand je suis arrivé ici, notre équipe n’était pas la meilleure », assure-t-il.
Au cours des dernières saisons, cependant, Lethbridge est devenue un adversaire redoutable au sein de l’Association Canada Ouest.
« Nous sommes passés d’une équipe dont personne ne s’attendait vraiment à ce qu’elle gagne à une équipe contre laquelle il est difficile de jouer, estime Sakaguchi. L’un des points forts de notre équipe, c’est vraiment cette fraternité et le fait de rester soudés ».
En tant que l’un des joueurs vétérans de l’effectif, Sakaguchi a endossé des responsabilités accrues tant sur le terrain qu’en dehors.
« Mon entraîneur attend de moi que j’essaie d’être ce leader, et j’attends la même chose de moi-même, affirme-t-il. Devenir un leader n’est pas un parcours sans embûches, mais je fais de mon mieux. »
Sakaguchi estime que c’est sur le plan mental qu’il a le plus progressé. Bien que ses compétences techniques et sa force physique se soient améliorées, il affirme que c’est le fait d’avoir appris à gérer les revers et à garder confiance en lui qui a fait toute la différence.
« Je suis un joueur très émotionnel sur le terrain, admet-il. Sur le plan mental toutefois, j’ai énormément mûri ».
Cette mentalité lui vient en partie de l’observation des athlètes professionnels et de l’étude de la façon dont les joueurs d’élite pensent pendant la compétition.
« Une chose que j’ai apprise des pros, c’est comment se parler à soi-même pendant les matchs, confie-t-il. Croire en soi et se dire qu’on en est capable ».
En dehors du terrain, Sakaguchi canalise sa créativité dans la cuisine, partageant souvent sur Instagram des plats maison d’inspiration japonaise. Il attribue cette passion à son éducation et à son expérience dans la restauration.
« Cuisiner n’est pas difficile, assure-t-il. Beaucoup de gens ont parfois un blocage mental. Si vous suivez simplement les étapes, vous pouvez préparer des plats tout à fait corrects ».
Pour l’avenir, Sakaguchi espère se lancer dans une carrière dans l’enseignement tout en restant lié au sport par le biais de l’entraînement ou de la compétition. Pour l’instant, cependant, il reste concentré sur l’héritage qu’il laissera à Lethbridge.
« Mon entraîneur me dit toujours : “Quel héritage vas-tu laisser ?”, conclut Sakaguchi. Le simple fait de placer la barre haute pour l’équipe qui viendra après, je suppose que c’est ça, l’héritage ».
