Grâce à sa saison de records, Shomachuk remporte le titre d’athlète de l’année en athlétisme de U SPORTS
Le parcours de Jinaye Shomachuk, qui est passée de jeune athlète à Airdrie, en Alberta, à l’une des meilleures lanceuses universitaires au pays a atteint un autre jalon cette saison.
L’exceptionnelle athlète de l’Université de Lethbridge a été nommée athlète féminine de l’année de l’U SPORTS en athlétisme, devenant le premier membre du programme d’athlétisme des Pronghorns à récolter cet honneur national. Au cours d’une saison où elle a battu des records, elle a notamment été invaincue au marteau et au lancer du poids, réussissant plusieurs jets bien au-delà du record de U SPORTS au marteau.
« C’est parfois un progrès très lent, particulièrement en athlétisme, dit Shomachuk. On dirait qu’il n’y a pas de progrès, mais il y en a et il faut juste avoir confiance en soi ».
Pour Shomachuk, cette reconnaissance reflète des années de développement constant dans une discipline qui passe souvent sous le radar dans le grand monde de l’athlétisme.
« Je sens que les projecteurs ne sont pas vraiment sur le lancer autant que sur les autres épreuves, note-t-elle. Je trouve ça dommage parce qu’il y a une communauté très riche parmi les lanceurs ».
Shomachuk a grandi à Airdrie, dans une famille où les sports faisaient constamment partie de la vie. Aux côtés de ses deux grands frères, elle a presque tout essayé avant d’éventuellement se joindre au Club d’athlétisme Aces d’Airdrie.
« J’avais probablement 10 ou 11 ans... Mes frères se sont aussi joints au même moment. Alors on a tous fait de l’athlétisme pendant des années ».
Au cours de ces années, elle a disputé plusieurs épreuves, participant à tout, allant des épreuves de pistes aux disciplines de pelouse avant de graduellement se concentrer sur moins d’épreuves.
« J’avais l’habitude de faire pas mal tout, dit-elle. Puis, j’ai un peu fait ma niche dans les lancers ».
Le lancer s’est rapidement avéré être le bon sport.
« Je n’ai jamais été une enfant super rapide. Je n’étais tout simplement pas bonne à la course, admet-elle. Toutefois j’avais un genre d’affinité naturelle avec les lancers, et c’est assurément devenu beaucoup plus naturel qu’avec les autres épreuves que je faisais ».
À sa quatrième année à Lethbridge, Shomachuk s’est établie comme l’une des meilleures lanceuses du pays.
Au cours de la saison 2025-2026, elle a effectué quatre lancers du marteau au-delà de l’actuel record de U SPORTS de 19,66 mètres. Ses marques comprennent des lancers de 21,67 mètres à la Jim Daly Bison Classic, de 21,35 mètres à l’Open Golden Bear, de 21,22 mètres à l’Open Pandas et de 20,77 mètres aux Championnats de l’Association Canada Ouest.
Elle a aussi mis la main sur la médaille d’or au lancer du poids et au marteau aux Championnats de l’Association Canada Ouest, remportant le titre de meilleure performance féminine de l’événement.
Ces résultats l’ont aidée à cimenter sa place parmi les meilleures lanceuses de l’histoire du sport universitaire canadien.
Cependant, la voie vers le succès au niveau universitaire n’a pas été immédiate.
La transition de l’athlétisme au niveau secondaire aux exigences de la compétition au sein du réseau de U SPORTS a été l’un des plus grands défis de sa carrière.
« À l’école secondaire, je m’entraînais peut-être trois fois par semaine. Puis à l’université, je me suis retrouvée à lancer dans chacune des disciplines deux fois par jour. Alors, ç’a été un gros, gros changement », dit-elle.
La routine hebdomadaire de Shomachuk reflète désormais les exigences des événements élites de lancer. Son horaire d’entraînement peut comprendre jusqu’à 10 séances par semaine, combinant le lancer du poids, des sprints et des entraînements techniques de lancer.
« Il y a sans aucun doute un aspect d’explosivité et de puissance, avoue-t-elle. C’est de combiner la force et la vitesse ».
Comme plusieurs athlètes de haute performance, elle a aussi appris à gérer le prix à payer physiquement qui vient avec le sport, notamment un problème chronique au genou qui requiert un équilibre prudent entre l’entraînement et la récupération.
« C’est d’essayer de maintenir un équilibre en gardant le contrôle sur ça et ne pas l’exacerber, mais je veux tout de même mettre les efforts pour m’entraîner comme je le peux aussi », indique-t-elle.
Le soutien des entraîneurs et du personnel a joué un rôle important au passage, particulièrement celui de l’entraîneur de longue date de Lethbridge, Larry Steinke.
« Je sais que l’entraîneur Larry m’a beaucoup aidée à tenter de travailler et de m’assurer que je m’entraînais toujours pour que ce soit bénéfique, sans jamais dépasser les bornes », mentionne-t-elle.
Cette relation a été un important facteur dans sa décision d’aller à l’Université de Lethbridge, un programme largement reconnu pour sa tradition du lancer.
« Elle est en grande partie connue pour son programme du lancer, admet Shomachuk. L’entraîneur Larry a de très, très grandes connaissances. Il est dans le milieu depuis une trentaine d’années ».
Un moment de sa carrière qui se démarque est survenu lors de sa saison recrue aux Championnats U SPORTS.
Après des ajustements difficiles au niveau universitaire, elle s’est présentée en finale en étant déjà assurée d’une médaille. N’ayant rien à perdre, elle a réussi le meilleur lancer de sa carrière.
« J’ai fini par ajouter un mètre et demi à mon record personnel et battre la fille en deuxième place par un centimètre », rappelle-t-elle.
Loin de la piste d’athlétisme, Shomachuk étudie pour obtenir un diplôme en santé publique après avoir d’abord amorcé ses études en chimie.
« J’ai fait un semestre et j’étais comme "absolument pas" », dit-elle en riant.
La santé publique a toutefois attiré son attention. Elle espère désormais obtenir une maîtrise et éventuellement travailler comme épidémiologiste, étudiant comment les maladies se propagent dans la population.
« L’épidémiologie est pas mal l’étude de la maladie... Ce qui la détermine, la cause et sa distribution dans la population », explique-t-elle.
Pour Shomachuk, le succès dans le sport ne se définit pas par un simple lancer ou une médaille.
« Le succès est très subjectif, affirme-t-elle. J’ai l’impression que le succès vient par petits bouts qui s’empilent au fil du temps. »
Son objectif ultime est de simplement rester connectée au sport le plus longtemps possible.
« De pouvoir compétitionner et de faire partie de ce sport tant que j’en suis capable. En espérant jusqu’à mes 50 ou 60 ans et d’être active dans la catégorie des maîtres un jour », conclue-t-elle.
