Jessymaude Drapeau des Stingers, propulsée par la compétition et la résilience
Jessymaude Drapeau se qualifie rapidement de « personne compétitive » et la plupart des gens qui la connaissent seraient d’accord.
« S’il y a un mot qui me décrit bien, c’est ‘compétitive’, indique la vétérane de l’équipe féminine de hockey des Stingers de Concordia. Pas seulement sur la glace, mais dans la vie en général. Je veux gagner tout le temps ».
C’est une attitude qu’elle nourrit depuis l’enfance, allumée par les batailles avec son jeune frère dans le cadre de mini-matchs disputés dans la cour de la résidence familiale, soutenue par une maisonnée où la compétition était une deuxième nature. Le parcours de hockey de Drapeau a démarré à l’âge de cinq ans, quand elle a convaincu ses parents d’échanger ses patins de patinage artistique pour un équipement de hockey.
« J’aimais le patinage artistique, mais pas être habillée comme une petite princesse, raconte-t-elle. Je voulais juste porter ce gros équipement et avoir l’air robuste ».
Cette mentalité de ténacité, de cran et de volonté imparable de gagner, l’a transporté de sa petite ville d’origine à l’Université Concordia, en passant par Drummondville à l’âge de 15 ans quand elle a quitté le nid familial à la poursuite de son rêve de hockey. Cette décision, bien qu’un peu effrayante, a façonné son sentier.
Il n’y avait pas tant de hockey pour les filles d’où je venais. Partir à 15 ans était épeurant, mais je savais que c’était ce que je voulais. Ce sacrifice en a valu la peine ».
Disputant sa sixième saison chez les Stingers, Drapeau s’est taillée une réputation de joueuse à succès au sein de U SPORTS. Reconnue pour sa touche de marqueuse, elle est aussi fière de l’évolution de son jeu sans la rondelle.
J’ai toujours été une joueuse offensive, mais cette année, j’ai assumé plus de responsabilités défensives, raconte Drapeau qui figurait parmi les 10 meilleures au pays pour les points et les mentions d’aide au terme de la saison 2024-2025.
« Écouler des punitions, prendre des mises au jeu, bloquer des tirs, ces moments sont aussi gratifiants que de marquer. Ça signifie beaucoup quand tes coéquipières te tapent sur l’épaule au retour au banc à la fin d’un désavantage numérique ».
Sa polyvalente était bien visible cette année au Championnat de hockey féminin de U SPORTS, où elle a réussi un tour du chapeau en 14 minutes pour combler un retard de deux buts.
« On perdait 2-0 et je me souviens d’avoir regardé autour de moi et de voir le regard incertain de certaines filles, dit-elle. Je me suis dit ‘il n’y en est pas question, on a travaillé trop dur pour être ici’. J’ai un peu perdu la carte pendant cette période du match, mais je savais que mes coéquipières avaient besoin de moi et j’étais prête ».
Cette remontée victorieuse n’a pas conduit à la conquête du titre cette fois. La séquence de championnes nationales de Concordia a pris fin, mais Drapeau croit que l’adversité a un rôle à jouer dans la croissance à long terme.
« Cette année a été difficile et oui, j’en suis encore fâchée, dit-elle. Cependant, la vie te fait traverser ces moments pour t’enseigner. Tu as besoin de ces défaites pour te reconcentrer, te souvenir des détails. J’ai plus appris de la défaite que de la victoire ».
Elle donne beaucoup de crédit au personnel d’entraîneurs des Stingers mené par Julie Chu et Caroline Ouellette pour son développement, autant comme athlète que sur le plan personnel.
« Quand je suis arrivée, j’étais gênée, je parlais à peine l’anglais, rappelle Drapeau. Elles m’ont mis dans des situations d’inconfort qui m’ont aidé à grandir dans mes prises de parole en public, en leadership et tout le reste. J’étais une fille à mon arrivée. Je repars en tant que femme ».
Alors qu’elle se prépare à sa dernière année d’admissibilité, Drapeau a déjà les regards tournés vers le niveau supérieur : la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).
« C’est le rêve, de jouer chaque jour et d’être entourée par les meilleures au monde. C’est ce que je désire, dit-elle. J’ai parlé avec mes entraîneures et j’utilise cette dernière année pour me développer et me préparer. Être repêchée serait tellement significatif pour moi ».
Elle s’imagine déjà ce que cela voudrait dire pour elle quand elle était plus jeune.
« La petite Jessymaude n’avait pas cela. Aucune ligue professionnelle féminine à suivre. Maintenant, je dirige des filles de 12 ans qui viennent à l’entraînement excitées d’avoir assisté à un match de la LPHF. C’est puissant ».
Des modèles comme son ancienne coéquipière et actuelle joueuse de la LPHF Emmy Fecteau contribuent à alimenter cette vision.
« J’ai joué sur un trio avec Emmy. Elle est tellement compétitive et passionnée. La voir réussir me fait croire que je peux aussi y arriver ».
Malgré un parcours rempli de coupures, de reculs et de doutes, la persévérance de Drapeau lui a permis de ne jamais lâcher.
« Il y a eu des moments où j’ai voulu abandonner. En revanche, j’ai continué et j’ai travaillé. Maintenant, j’ai remporté un championnat national, j’ai vécu des moments inoubliables avec mes meilleures amies et j’ai des rêves qui sont atteignables », dit-elle.
« Le travail acharné rapporte, mais il faut être patiente. Il faut y croire ».
