De l’Irlande à Ottawa, Jack Hanratty trouve son rythme de croisière avec l’équipe de rugby féminin des Gee-Gees
Le parcours de Jack Hanratty qui l’a mené à l’Université d’Ottawa a commencé à des milliers de kilomètres de là, sur les côtes venteuses de l’Irlande. Il a grandi à Skerries, une ville où le rugby était bien plus qu’un sport ; c’était une tradition familiale qui était aussi au cœur de la communauté. Bien des années plus tard, à la suite d’une carrière comme entraîneur qui a commencé au niveau des clubs provinciaux et l’a mené jusqu’aux Jeux olympiques, Hanratty a abouti dans la capitale nationale, où il fait profiter de son niveau élevé d'énergie et de son habituel caractère affable aux joueuses du programme de rugby féminin des Gee-Gees. À ses yeux, le défi à relever consiste tout autant à façonner ses étudiantes-athlètes pour en faire des personnes résilientes qu’à aspirer à remporter des championnats.
L’histoire de Hanratty au rugby a commencé avec son club local, où son oncle avait auparavant été capitaine d’équipe et où son grand-père avait été président. Enfant, il a plongé dans l’univers de ce sport de toutes les manières possibles.
« J’adorais tout ce qui était en rapport avec ce club, qu’il s’agisse de travailler dans le magasin de bonbons ou à l’occasion des camps d’été », a-t-il indiqué.
« J’ai adoré être associé à un endroit aussi spécial ».
Après avoir emmagasiné un peu d’expérience dans les rangs professionnels avec Leinster Rugby, Hanratty a traversé l’Atlantique. Ce qui devait être un voyage d’une semaine au Canada en 2012 s’est transformé en séjour de 13 ans, et il a éventuellement obtenu la citoyenneté canadienne.
Bien qu’il ait joué au rugby, Hanratty n’a jamais pensé devenir un athlète de niveau élite. Des postes d’entraîneur et de gérant lui ont toutefois donné l’occasion de rester étroitement impliqué dans ce sport.
« Je n’étais pas un athlète de grand talent, mais peut-être que ma personnalité extravertie et le fait d’être sociable représentaient des atouts intangibles qui m’avantageaient », a-t-il noté.
Cette vision des choses a façonné son approche comme entraîneur. Hanratty dit donner la priorité à l’aspect humain et il dirige des entraînements axés sur le jeu avec une intention réfléchie qui sont dynamiques et, avant tout, amusants.
Hanratty a obtenu le poste chez les Gee-Gees en janvier 2025. Il a dû s’ajuster au rythme particulier du sport universitaire, ce qui s’est avéré une expérience révélatrice.
« Tu n’as pas seulement affaire à des athlètes, tu as affaire à des étudiantes-athlètes, a-t-il souligné. Je commets probablement quatre ou cinq erreurs par jour, demandez-le aux athlètes. J’essaie encore de comprendre les nuances du sport universitaire ».
Habitué à œuvrer au sein des milieux de haute performance où la victoire représente l’ultime mesure du succès, il a dû apprendre à trouver le bon équilibre entre la réalité des études et les ambitions sur le plan sportif.
« C’est la plus grande organisation pour laquelle j’ai travaillé, a-t-il déclaré. Il y a d’énormes avantages, mais aussi de nombreuses procédures à apprendre ».
Hanratty affirme que les personnalités de ses joueuses représentent l’aspect le plus agréable de son travail.
« Ici, bien que nous voulons remporter des championnats de U SPORTS, nous voulons que les athlètes aspirent à obtenir un diplôme tout en aimant l’université et en aimant jouer au rugby », a dit Hanratty.
Avant d’arriver à Ottawa, Hanratty a mené l’équipe canadienne féminine de rugby à sept vers la conquête de la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Paris en 2024, une expérience qu’il qualifie d’inoubliable.
« Soixante-dix mille personnes qui regardent du rugby féminin dans le cadre d’une compétition de trois jours disputée à guichets fermés… ça donnait l’impression d’être un énorme pas avant pour le rugby féminin », a-t-il avancé.
« Ces athlètes-là y sont allées et ce sont elles qui ont tout fait. J’ai juste été le chanceux qui était là pour les accompagner, ce qui est vraiment quelque chose de spécial, je trouve ».
Hanratty affirme que cette réalisation a contribué à inspirer les athlètes de U SPORTS puisqu’elles ont pu voir leurs camarades et des olympiennes comme Chloe Daniels, de Queen’s, et Victoria’s Krissy Scurfield, de l’Université de Victoria, jouer au rugby à leurs côtés et être reconnues de la sorte.
« Le fait qu’on reconnaisse maintenant des joueuses de rugby dans la rue, c’est quelque chose qui nous rappelle tous les jours à quel point ç’a été important », a souligné Hanratty.
Hanratty estime que l’élan que connaît le rugby féminin n’a jamais été aussi fort, donnant à titre d’exemple la Coupe du monde féminine et les succès que connaît actuellement Équipe Canada à l’échelle internationale, elle qui disputera la finale ce samedi contre l’Angleterre. Alors qu’on y retrouve d’anciennes et d’actuelles athlètes de U SPORTS qui s’y mettent en évidence, il y voit un prolongement des gains qui ont été faits à Paris.
« Ça donnait l’impression d’être un énorme pas en avant pour le rugby féminin, et on en voit encore les bienfaits », a-t-il dit de la médaille olympique remportée par le Canada.
« La Coupe du monde vient ajouter à tout ça, ça inspire les athlètes ici chez nous, qui voient maintenant le rugby comme un sport qui attire les projecteurs ».
