De Tokyo à Vancouver, Henri Godbout de l’UBC trouve son rythme
De Seattle à Tokyo en passant par Vancouver, l’attaquant des Thunderbirds de l’UBC Henri Godbout a connu un parcours au soccer qui s’étale sur des continents et diverses cultures, une voie qui a façonné autant son style de jeu que sa vision du succès.
« Je joue au soccer depuis l’âge de deux ans, raconte Godbout.
J’ai grandi à Seattle, j’ai fréquenté l’école secondaire à Tokyo et je suis maintenant étudiant en génie ici à l’UBC. J’en déduis que je suis pas mal international ».
Extraverti et enjoué, Godbout est reconnu parmi ses coéquipiers pour son énergie et son humour, de même que pour sa remarquable ascension dans les rangs universitaires de soccer. À sa deuxième année seulement avec les Thunderbirds, il a été nommé recrue de l’année de l’Association Canada Ouest, il contribué à la conquête du titre national par l’UBC et a été repêché par le Vancouver FC de la Première Ligue canadienne (PLC).
« Tout ça s’est produit tellement vite, a-t-il admis. Je me concentrais à aider mon équipe à gagner, puis tout d’un coup, j’ai été nommé recrue de l’année et je me suis fait repêcher. C’était surréel ».
Les racines de soccer de Godbout remontent à l’État de Washington, où il s’est joint au club pour les jeunes, Crossfire.
« C’est là où mon véritable parcours en soccer s’est amorcé, explique-t-il. J’ai joué pendant neuf ans avant de déménager à Tokyo ».
Au Japon, il s’est joint au FC Tokyo, une équipe d’académie de la J-League, une expérience qui selon lui a transformé sa compréhension du jeu.
« Le style est totalement différent au Japon. Tout est en fonction de garder le ballon au sol et d’effectuer des passes rapides, précise Godbout. En Amérique du Nord, les joueurs sont plus athlétiques, forts et rapides. Au Japon, il s’agit plus d’aptitudes techniques et de discipline. Ça m’a beaucoup aidé à grandir de voir les deux côtés ».
Quand est venu le temps de choisir une université, l’UBC a toujours été au sommet de sa liste. Son père est originaire du Québec et son frère allait déjà à l’école à Vancouver.
« C’était tout simplement logique financièrement, académiquement et pour la famille, souligne-t-il. De plus, l’UBC a l’un des meilleurs programmes de soccer au pays ».
Godbout a passé sa première saison à s’entraîner fort, en attente de sa chance. « Je n’ai pas obtenu de minutes cette année-là, mais j’ai adoré en faire partie, dit-il. Regarder l’équipe et m’entraîner chaque jour a fait en sorte que j’en voulais encore plus ».
Quand l’occasion s’est présentée, il l’a saisie. En 2024, il a percé la formation, a contribué à d’importants buts et a aidé les Thunderbirds à mettre la main sur leur 14e titre de U SPORTS, un record.
« La principale raison de mon succès, c’est l’équipe, souligne-t-il.
S’entraîner quotidiennement avec ces gars, être entouré des meilleurs joueurs, ça te pousse à t’améliorer. Toutes les statistiques et les prix arrivent seulement en raison des gens qui t’entourent ».
Après le championnat, Godbout a eu vent qu’il pourrait être réclamé au Repêchage de la PLC, même si ce n’était pas quelque chose qu’il avait prévu.
« Honnêtement, je n’y avais même pas pensé, dit-il. Mon objectif était de remporter le championnat national. Puis, mes coéquipiers ont commencé à dire que je pourrais être sélectionné et quelques entraîneurs ont appelé. La journée précédant le Repêchage, j’ai compris que l’intérêt était réel. Quand ça s’est effectivement produit, j’étais aux anges ».
Il affirme que de se joindre au Vancouver FC lui a ouvert les yeux.
« Tu vois les standards du sport professionnel, à quel point les joueurs prennent soin de leur corps et aussi l’intensité de l’entraînement. J’ai adoré ça. Chaque jour, j’étais entouré de quelques-uns des meilleurs joueurs avec qui je ne m’étais jamais entraîné ».
Son premier but chez les professionnels est survenu avec une touche d’humour, alors qu’il l’a marqué contre un autre joueur des Thunderbirds, Eric Lajeunesse, qui jouait pour le Pacific FC.
« C’était mon premier but chez les professionnels, alors c’était assez spécial, raconte Godbout en riant. Marquer contre un coéquipier de l’UBC l’a rendu encore meilleur. Notre messagerie de groupe a explosé après le match. Je n’arrêterai jamais de le taquiner à ce sujet ».
Si ses débuts chez les professionnels étaient une étape importante, le titre national de U SPORTS de la dernière année est toujours un de ses plus beaux souvenirs.
« Quand nous sommes arrivés à Oshawa, nous avons réalisé qu’il ne restait qu’une poignée d’équipes. Ça nous a frappés, réalisant qu’on pouvait vraiment l’emporter, dit-il. Nous étions classés premiers et il y avait de la pression, mais aussi de la confiance. La finale contre Montréal a été relevée, mais on a marqué en fin de match et on s’est sauvés avec la victoire. Je n’aurais pu imaginer mieux ».
Cette célébration était un pur bonheur.
« On a perdu la voix en criant. La musique retentissait, tout le monde sautait et c’était un sentiment incroyable. Tout le travail, de la présaison au dernier sifflet... Tout ça a fini par payer ».
Aujourd’hui à sa troisième année avec les Thunderbirds, Godbout et son équipe sont encore une fois des prétendants au titre.
« Il ne fait aucun doute qu’il y a plus d’attentes cette année, admet-il. Nous avons nous-mêmes établi des normes plus élevées. À chaque séance d’entraînement, nous nous poussons davantage parce que nous voulons retourner en finale ».
Il met rapidement l’accent sur la chimie et la constance de l’équipe.
« Ça nous aide à nous concentrer de nous voir quotidiennement, dit-il. Nous nous assurons de nous rétablir tous les soirs, de prendre soin de nos corps et de nous soutenir l’un et l’autre. C’est comme ça que l’on continue à gagner ».
Le Vancouver FC détient les droits de Godbout jusqu’en 2026 et il espère retourner dans la PLC l’été prochain.
« Le soccer est ma véritable passion, affirme-t-il. Je veux voir jusqu’où je peux aller avec ça ».
Pour les plus jeunes joueurs, son conseil est simple : constance et conscience de soi.
« La moitié du travail est de la préparation, dit-il. Apprendre à connaître son corps, faire ce qui est bon pour soi et mettre l’effort supplémentaire. Si on y met la moitié des efforts nécessaires, on récoltera la moitié des résultats ».
