Fin Tugwell : De North Vancouver à l’échelle nationale avec UVic et le Pacific FC
Pour le défenseur des Vikes de Victoria Fin Tugwell, le soccer a toujours été un moyen d’approfondir ses liens avec ses coéquipiers, sa famille et son sport. Des premiers instants où il s’est mis à botter un ballon à North Vancouver jusqu’au moment où il a décroché un poste dans la Première Ligue canadienne (PLC) avec le Pacific FC, Tugwell a connu un parcours qui a été façonné par le travail d’équipe, la persévérance et l’humilité.
« Je me décrirais comme quelqu’un qui est humble et qui fait preuve de curiosité, affirme Tugwell. J’aime bien relever les défis ».
Né en Australie, Tugwell a déménagé au Canada à l’âge de six ans. Bien qu’il ait joué un peu au soccer là-bas, c’est seulement quand il a rejoint les rangs du North Vancouver FC qu’il a commencé à se passionner pour ce sport.
« J’étais entouré d’un groupe extraordinaire de joueurs et d’entraîneurs, dit-il. C’est à ce moment-là que je suis vraiment tombé en amour avec le soccer ».
Même à l’époque, c’est l’esprit de collaboration qu’il fallait avoir dans la pratique de ce sport qui l’attirait avant tout.
« Si tout le monde dans l’équipe travaille ensemble, c’est à ce moment-là que tu vas remporter des matchs, fait-il remarquer. Ce n’est pas un sport individuel. J’ai toujours adoré cet aspect collectif. »
Bien que Tugwell ait d’abord occupé un poste de milieu défensif dans les rangs jeunesse, il a vite réalisé qu’il était davantage à sa place comme défenseur central, un rôle qui convient mieux à ses qualités que sont le sens de la structure et la capacité d’être alerte.
« Quand je suis passé au poste de défenseur central, j’adorais le fait d’avoir tout le terrain devant moi, dit-il. Tu es un peu comme le capitaine du bateau. Tu vois tout ce qui se passe ».
Cette vision du jeu, ce calme et ce sang-froid lui ont modelé son style de jeu.
« J’aime penser que je suis un défenseur qui se distingue par son intelligence au jeu, explique-t-il. J’essaie de prévoir les choses un coup d’avance, ce qui me permet d’intercepter des passes, d’éviter les situations problématiques avant qu’elles arrivent. Ce n’est pas toujours nécessaire d’y aller d’un tacle spectaculaire ».
Quand est venu le moment de s’inscrire à l’université, Tugwell a établi des objectifs sportifs, mais aussi sur le plan des études. Il s’est joint à l’Université de Victoria non seulement pour le soccer, mais aussi en raison de son programme de génie civil. C’est là une exigeante combinaison qu’il a réussi à apprivoiser après un certain temps.
« Les deux premières années, ça faisait beaucoup, reconnaît-il. Cependant, j’aime ça. Les entraînements en soirée me permettent de prendre une petite pause des travaux scolaires. Il s’agit de bien gérer son temps et son énergie ».
Alors qu’il en est maintenant à sa cinquième année d’études à UVic et à sa quatrième année d’admissibilité à U SPORTS, Tugwell a progressé à tel point qu’il est devenu un des chefs de file du programme, et ce, autant sur le terrain qu’en dehors.
« Le principal conseil que je donne aux plus jeunes, c’est d’y prendre plaisir et de savourer tout ce qui passe, dit-il. Le temps file tellement vite. Même si tu n’es pas encore un joueur partant, ce que tu fais à l’entraînement permet à l’équipe de progresser. »
Cette mentalité où les besoins de l’équipe priment a porté ses fruits en 2024, quand Tugwell a été nommé défenseur de l’année dans l’Association Canada Ouest. Bien que ce prix lui ait été remis à titre personnel, il insiste pour dire que l’honneur rejaillit sur le groupe dans son ensemble.
« Ç’a été un effort d’équipe, de toute l’équipe, souligne-t-il. J’ai reçu le prix, mais les gars qui m’entouraient ont travaillé tout aussi fort. Nous avons réalisé un grand nombre de blanchissages cette saison-là et nous pouvons tous en être fiers ».
Un autre fait saillant a eu lieu l’hiver suivant, alors qu’il a été sélectionné au 12e rang du Repêchage de la PLC 2025 par le Pacific FC. Tugwell se souvient encore clairement qu’il se trouvait à l’étage très tranquille de la bibliothèque de l’UVic quand on a prononcé son nom.
« Je suivais le repêchage dans la section où il fallait rester silencieux, raconte-t-il en riant. Je n’en avais eu aucun écho avant et, soudainement, mon téléphone s’est mis à vibrer. Puis j’ai vu mon nom apparaître. J’ai dû aller vite prendre une marche dehors, rien de tout ça ne me semblait réel ».
Sa sélection a été accompagnée d’une invitation au camp d’entraînement d’avant-saison et, au bout du compte, d’un contrat de joueur en développement de U SPORTS, ce qui lui a donné l’occasion de s’entraîner et de jouer avec une équipe professionnelle. Il a disputé quatre matchs du Pacific vers la fin de la saison, une expérience qui l’a forcé à sortir de sa zone de confort.
« C’est une expérience qui te force à faire preuve d’humilité, affirme Tugwell. À UVic, je suis régulièrement de la formation partante. Avec le Pacific, j’ai dû me battre pour chaque minute de jeu. Ça m’a fait réaliser à quel point il faut travailler fort pour mériter sa place ».
Son premier match a eu lieu sur le terrain du Forge FC et il a alors été nerveux comme jamais il ne l’avait été jusqu’ici dans sa carrière.
« Je l’ai su une semaine d’avance que j’allais amorcer le match. J’étais très nerveux, mais j’étais aussi très content, dit-il. Nous avons subi la défaite, mais j’étais fier de la façon dont j’ai joué. C’était grisant ».
Ce qu’il retient de son passage dans la PLC ne se limite pas à la tactique.
« Les habitudes et les standards d’entraînement qu’il faut avoir sont d’un niveau clairement supérieur, a-t-il affirmé. Tout le monde s’entraîne très fort tous les jours. C’est là quelque chose que j’ai retenu et cherché à mettre en pratique à mon retour à UVic, cette nécessité de rehausser encore plus les standards ».
Puisque le Pacific FC a conservé ses droits à titre de joueur de U SPORTS en vue de la saison 2026, Tugwell espère pouvoir consolider les bases de ce qu’il a bâti jusqu’ici avec le club.
« C’est sûr que j’aimerais disputer une autre saison avec eux, a-t-il lancé. C’est un environnement formidable pour progresser ».
La passion que Tugwell affiche pour le soccer est aussi une affaire de famille. Son frère, Archie, joue à ses côtés sur la ligne arrière des Vikes.
« Je ne pourrais demander mieux, lance-t-il. Nous n’avons jamais eu l’occasion de jouer ensemble quand nous étions plus jeunes, mais nous le faisons maintenant. Nos parents adorent ça, ils peuvent assister à un seul match pour nous voir jouer tous les deux ».
Les deux frères, qui étudient tous deux en génie civil, suivent les traces de leurs parents sur le plan sportif puisque leur mère a été nageuse et adepte de ultimate frisbee, tandis que leur père est un joueur de rugby de longue date.
« Nous avons toujours pratiqué un sport ou l’autre, indique Tugwell. À un moment donné, nous avons dû choisir entre le hockey et le soccer, et nous avons tous deux choisi le soccer ».
Aux yeux de Tugwell, la réussite ne se mesure pas en termes de trophées ou de contrats, il s’agit plutôt de la récompense qui vient après avoir fait preuve de persévérance.
« La réussite, selon moi, c’est quand tout le travail que tu as investi mène à quelque chose, avance-t-il. J’ai toujours voulu aller à l’université, obtenir un diplôme et jouer au soccer. Les efforts que j’ai consentis durant l’école secondaire m’ont mené jusqu’ici – c’est ça, la réussite ».
