De ses racines à Chatham à lauréat du Hec Crighton, Ethan Jordan se tourne vers la prochaine étape
Ethan Jordan sera bientôt un ancien de l’Université Wilfrid Laurier mais pour lui, le football ne sera jamais très loin dans sa vie de tous les jours, ni le sens du devoir qui lui a été inculqué grâce à ce sport.
Le parcours qui a mené Jordan jusqu’au football a commencé bien avant l’université, reposant sur sa famille et sa communauté à Chatham, en Ontario, où il a plongé dans la pratique de ce sport à un très jeune âge.
« C’est mon père qui m’y a initié, indique Jordan. Il a lancé un programme à Chatham, ça s’appelait les Cougars de Chatham. Je n’ai eu d’autre choix que de commencer à jouer au football. J’étais en deuxième année à l’école quand j’ai commencé et je joue au football depuis ce temps ».
Ce sport a fini par devenir sa grande passion, mais c’est seulement à l’adolescence que Jordan s’est mis à considérer le football comme bien plus qu’un simple passe-temps.
« J’étais probablement en huitième année quand c’est devenu quelque chose de plus sérieux, affirme-t-il. Évidemment, en 11e et 12e année, j’allais régulièrement au gym, je voulais gagner du poids dans le but de me faire remarquer par les programmes universitaires ».
Ce qui l’a éventuellement mené jusqu’à Laurier où, guidé par l’instinct et entiché de l’environnement qu’on retrouvait autour de l’équipe, il a vite pris sa décision.
« J’avais juste un bon pressentiment à propos de Laurier, de la communauté, et j’aimais bien les gens qui étaient là », fait-il savoir.
A suivi une période de cinq ans qui a transformé Jordan en tant qu’athlète, mais aussi en tant que personne.
« La chose que je retiens le plus, c’est à quel point j’ai évolué et je suis devenu un homme, dit-il. J’ai tellement tissé de liens avec des gens, il y a eu tellement de personnes de qui j’ai appris ».
Alors qu’il s’apprête à compléter une majeure en psychologie avec une mineure en économie, Jordan estime que le temps qu’il a passé à Laurier lui a permis de progresser sur les plans académiques et personnels. Le fait d’avoir dû quitter la maison pour poursuivre ses études l’a notamment amené à être plus autonome.
« J’étais loin de ma famille, j’ai dû devenir plus indépendant financièrement et j’ai gagné en maturité en tant que personne », note-t-il.
Sur le terrain, Jordan est devenu un receveur reconnu pour son dynamisme en raison de sa vitesse et de sa bonne coordination motrice. Ses souvenirs les plus marquants ne sont cependant pas toujours issus des journées de match.
« Certains souvenirs sont plutôt en lien avec des moments que j’ai vécus dans le cadre de mon développement, affirme-t-il. Nous allions faire de la course à pied à six heures du matin, il faisait très froid, c’était dur à ce moment-là. Quand j’y repense aujourd’hui, je réalise que c’est un souvenir qui m’a particulièrement marqué. »
L’évolution de Jordan à Laurier sur le plan sportif ne s’est pas seulement résumée à son développement physique. Sous la direction des entraîneurs, il a appris à mieux comprendre son sport, tout particulièrement au niveau mental.
« Un des principaux apprentissages que j’ai fait, c’est ma connaissance du football, l’intelligence au jeu », affirme-t-il.
Cette évolution lui a permis de connaître du succès sur le terrain. En 2025, Jordan a été proclamé meilleur joueur au football universitaire canadien, mettant alors la main sur le Trophée Hec Crighton remis au joueur par excellence au pays.
« Ça représente beaucoup pour moi, c’est une grande étape que j’ai franchie, pour laquelle je suis très reconnaissant quand j’y repense », dit-il.
Il a aussi fait partie de la formation de Laurier qui s’est qualifiée pour le match de la Coupe Vanier en 2024, aux côtés du quart-arrière Taylor Elgersma. Celui-ci cherche actuellement à réussir aux États-Unis.
Les moments qu’il a alors vécus, dit-il, ont contribué à façonner son sens de la discipline et sa mentalité, des qualités qu’il cherchera à transposer dans le cadre de la carrière professionnelle qu’il compte mener dans la LCF avec le Rouge et Noir d’Ottawa.
Après une première tentative à l’issue de laquelle il a été retranché de la formation, Jordan y retourne plus confiant que jamais.
« Je me suis beaucoup amélioré comme joueur et je suis plus aguerri, je suis prêt à relever le défi cette fois », déclare-t-il.
Au travers tout ça, son père est toujours présent, en tant que personne qui l’a initié au football, mais aussi en tant que source continuelle de soutien.
« Il a été là à chacune des étapes de mon parcours, nous nous parlons quasiment tous les jours », indique Jordan.
Alors que sa quête pour jouer dans les rangs professionnels se poursuit, Jordan retient toutes les leçons qu’il a apprises à Laurier, des leçons ancrées dans le travail d’équipe, la résilience et la force de caractère.
« Savoir comment contribuer à la vie dans le vestiaire, avoir bon caractère, soutenir tes coéquipiers et tout simplement avoir de bonnes habitudes de travail », énumère-t-il.
Son conseil à l’intention de la prochaine génération d’étudiants-athlètes est fort simple.
« Soyez un athlète, soyez un étudiant, concentrez-vous sur vos études parce que ce n’est pas le sport qui va vous porter jusqu’au bout du chemin, souligne-t-il. La façon dont vous faites une chose, c’est la façon dont vous faites toutes les choses. Travaillez fort et demandez conseil aux gens de votre entourage qui sont meilleurs ».
