De champion du SUA au Défi Est-Ouest : L’ascension de Camara se poursuit à Bishop’s
Quand les Gaiters de Bishop’s ont décroché en 2024 le premier titre du SUA de leur histoire au football, il s’agissait d’un moment historique pour le programme. Pour le demi défensif Cherif Camara, c’était bien plus qu’un championnat – c’était un moment d’affirmation, de résilience et de fierté.
« C’était formidable comme sensation », a déclaré Camara.
« Faire partie de la première équipe depuis quelque chose comme 1990 à remporter n’importe quel match de championnat, d’aller là et écrire une page d’histoire, c’était formidable ».
La victoire n’a toutefois pas été facile à aller chercher. À l’occasion d’un affrontement en montagnes russes en finale de la Coupe Loney, Bishop’s a eu le dessus sur Saint Mary’s en troisième prolongation peu après un jeu déterminant, un échappé provoqué qui a été recouvré. Camara se souvient encore très bien du moment où les Gaiters ont renversé la vapeur.
« Il y a eu beaucoup de hauts et de bas », a-t-il noté.
Originaire du Sénégal, Camara n’a pas emprunté le chemin habituel vers le football universitaire canadien. Il a découvert ce sport à l’âge de 13 ans après avoir déménagé au Canada, se retrouvant alors en bordure de terrain à regarder son premier match avec émerveillement.
« J’étais vraiment, vraiment étonné par ce sport », a-t-il indiqué.
« L’entraîneur Erick Loignon [entraîneur de l'École Internationale Du Phare] est venu me voir et il m’a dit, ‘Je peux te l’enseigner’ ».
Camara aimait rester actif à l’époque, lui qui a joué au soccer et au football à l’école secondaire avant de décider de se consacrer au football pendant la pandémie. Il a pris cette décision de concert avec ses parents, qui demeurent à ce jour ses plus grands supporteurs.
« Ils viennent regarder tous les matchs que je dispute à domicile et ils me regardant à la télé quand je joue sur la route », a-t-il fait savoir.
« Ma mère a appris les règlements, comment ce sport se joue. Mais je sais que mon père, il n’avait aucune idée. Reste qu’ils sont toujours présents ».
Malheureusement, Camara s’est fracturé un doigt dans les premières minutes de jeu d’un match éliminatoire. D’abord écarté de la formation, il a travaillé avec les thérapeutes de l’équipe pour récupérer à temps pour la demi-finale.
« Le médecin est venu dans le vestiaire et il m’a dit, ‘Tu dois aller à l’hôpital demain », a raconté Camara.
« Trois jours avant la demi-finale, Katrina m’a dit, ‘Si tu enrubannes ton doigt, tu vas pouvoir disputer la demi-finale’, et j’étais content. »
Le retour de Camara a aidé Bishop’s à connaître un long parcours dans les éliminatoires, qui s’est terminé avec la toute première présence des Gaiters à la Coupe Uteck. C’est là un moment inédit qu’il chérit non pas parce que cela lui a valu de la reconnaissance sur le plan personnel, mais plutôt en raison de ce que cela signifiait pour l’équipe.
« La plus grande réalisation à mes yeux, ce n’est pas d’avoir provoqué un revirement ou d’avoir tenu la Coupe Loney », a-t-il dit.
« C’était plutôt de voir mes coéquipiers, de voir mes entraîneurs être à ce point contents parce que nous avions accompli quelque chose de remarquable. »
En dehors du terrain, Camara est tout aussi dévoué. Étudiant en neuroscience à Bishop’s, il parvient à trouver le bon équilibre entre son exigeant horaire de classe et les rigueurs du football en faisant preuve d’une grande discipline et en gérant son temps de façon serrée.
« ‘Discipline’ est un mot très important pour moi. Je me disais que j’avais besoin de discipline et d’organisation ».
Cette mentalité transparaît dans les conseils qu’il donne aux plus jeunes athlètes.
« Il s’agit juste de croire en soi », a-t-il affirmé.
« Il faut écouter ses entraîneurs, parce qu’ils tiennent à ton bien-être et veulent juste que tu travailles. Même si tu as du talent, ça ne suffit pas, il faut travailler et y mettre l’effort ».
Le sang-froid de Camara et le sérieux de sa préparation lui ont valu une place au Défi Est-Ouest 2025, où il a représenté l’Est aux côtés des meilleurs joueurs de U SPORTS devant des dépisteurs de la LCF.
« Le Défi Est-Ouest est un événement qui regroupe les meilleurs joueurs universitaires au pays », a souligné Camara.
« Quand tu réalises que tu vas compétitionner avec eux, c’est une sensation formidable. Bien honnêtement, la seule chose qui me vient à l’esprit, c’est de dire que je suis reconnaissant d’avoir vécu ça ».
