De Petit-Rocher à la scène nationale, Audrey Roy s’épanouit chez les CAPERS
Le parcours d’Audrey Roy au soccer l’a menée d’un petit village du Nouveau-Brunswick jusqu’en Espagne puis, au bout du compte, jusqu’au championnat national avec les Capers de l’Université Cape Breton.
La défenseure de deuxième année ne s’est jamais trop éloignée des valeurs qui l’ont initialement amenée à pratiquer ce sport, c’est-à-dire la compétition, le travail d’équipe et un sentiment d’appartenance.
« J’adore l’aspect collectif, a déclaré Roy. Jouer ensemble et se sentir vraiment comme une famille ».
Roy, qui a grandi à Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick, a commencé à jouer au soccer à l’âge de trois ans, après que ses parents l’eurent encouragée à faire l’essai de différents sports. Pendant des années, elle a joué au soccer et au hockey avant de prendre une décision cruciale en neuvième année.
« J’ai joué au hockey et au soccer jusqu’en neuvième année et ensuite j’ai dû faire un choix, a-t-elle indiqué. Comme vous pouvez le voir, j’ai choisi le soccer ».
Cette décision l’a éventuellement amenée à quitter la maison. Après avoir joué dans sa ville d’origine jusqu’à l’âge de 15 ans, Roy s’est inscrite à l’Académie de Moncton, ce qui fait qu’elle a vécu dans une famille d’accueil tout en ambitionnant de jouer à un plus haut niveau. Un an plus tard, une occasion tout à fait inattendue s’est présentée.
À la suite d’un camp d’évaluation de soccer, Roy a reçu un courriel provenant d’une académie en Espagne. Intriguée, elle a exploré cette avenue, a fait parvenir des images vidéo de son jeu et elle s’est vite retrouvée sur un vol au-dessus de l’Atlantique.
« J’ai regardé ça de plus près et j’ai réalisé que ce serait plutôt intéressant d’aller là-bas », a-t-elle raconté.
L’expérience qu’elle y a vécue a été rien de moins que transformatrice.
Vivant aux côtés de joueuses venant d’un peu partout dans le monde, Roy a découvert une nouvelle façon de jouer au soccer, qui était bien différente de ce qu’elle avait vu plus jeune dans les provinces de l’Atlantique.
« Le soccer espagnol est beaucoup plus technique, a-t-elle noté. C’est un jeu qui est différent du nôtre, il y a pas mal plus de possession du ballon ».
Ce sont là des apprentissages qui sont restés bien ancrés en elle.
« Le soccer avec lequel j’ai grandi, ça se résumait surtout à balancer de longs ballons », a expliqué Roy.
« En allant là-bas pendant un an, je trouve que j’ai vraiment développé ma capacité à garder la possession du ballon au lieu de seulement le botter tout le temps. »
Quand est venu le moment de choisir une université, c’est un membre de la famille qui l’a incitée à regarder du côté de l’Université Cape Breton. Son frère aîné avait auparavant joué au hockey pour les Aigles Bleus de l’Université de Moncton et, après avoir visité le campus et rencontré les entraîneurs, Roy s’est sentie chez elle.
« Ça me fait un peu penser à la maison parce que ce n’est pas dans une grande ville, a-t-elle fait remarquer. J’adore les gens. J’adore la communauté ».
Cet esprit de communauté, elle le trouve aussi chez les Capers, où Roy est devenue un élément clé au sein d’une des meilleures équipes au pays.
Cape Breton a remporté le championnat du SUA l’automne dernier (et Roy a été nommée joueuse la plus utile à son équipe à l’issue du tournoi) pour ainsi se qualifier pour le Championnat de soccer féminin de U SPORTS 2025 disputé à Hamilton.
Pour Roy, le tournoi national a représenté une étape importante dans le cadre de son développement.
« Ç’a été une expérience d’équipe formidable, a-t-elle fait savoir. Évidemment, nous aurions aimé obtenir un résultat différent, mais je trouve que l’expérience dans son ensemble, et le fait que j’en étais à ma deuxième saison et que c’était ma deuxième présence au championnat national, c’était extraordinaire de pouvoir vivre tout ça ».
Les succès des Capers en 2025, a-t-elle expliqué, étaient fondés sur un effort collectif plutôt que sur les exploits individuels.
« Il n’y avait pas de joueuse en particulier qui marquait tous les buts, a noté Roy. On ne savait pas qui allait être la vedette du match. C’était plus une question de vraiment travailler ensemble et d’atteindre notre but ensemble ».
Roy se décrit comme une joueuse combative qui refuse d’abandonner sur tous les ballons.
« Si je perds le ballon, je vais essayer de le reprendre, a-t-elle souligné. Je ne baisse jamais les bras ».
La dernière saison lui a aussi permis de gagner en confiance, dit-elle.
« Quand tu es une recrue, tu te sens moins confiante, a affirmé Roy. Cette saison, je pense que j’ai vraiment pu jouer comme je suis capable de le faire, j’étais confiante en possession du ballon ».
Elle a vécu un de ses plus beaux moments à l’occasion d’un séjour sur la route à Memorial pendant la saison régulière. À la suite d’une performance décevante dans le premier match, les Capers sont revenues à la charge le lendemain et l’ont emporté.
« Nous voulions vraiment aller chercher cette victoire et leur montrer que le match précédent, ce n’était pas vraiment nous qui étions sur le terrain, a-t-elle déclaré. Nous étions toutes vraiment soulagées et contentes de la façon dont nous avions joué ».
Le moment déterminant, toutefois, est survenu quand Cape Breton a décroché un autre titre du SUA malgré le départ de plusieurs diplômées qui avaient été des joueuses clés.
« Les gens disaient, ‘Il vous manque Ally Rowe, il vous manque Lauren Rowe, a raconté Roy. Alors le fait d’avoir fait nos preuves cette saison et de remporter ce titre du SUA, il y a eu un fort sentiment de réussite ».
En dehors du terrain, Roy est en voie de compléter un baccalauréat ès sciences et elle compte se spécialiser en soins infirmiers l’an prochain. Son intérêt pour le domaine de la santé est attribuable à son désir de longue date d’aider les autres et à sa fascination pour le corps humain dans le contexte du sport.
« J’ai toujours su que je voulais être une professionnelle de la santé, a-t-elle indiqué. Aider les gens, c’est ce que je veux faire ».
Ça n’a pas toujours été facile de conjuguer les études et le sport, surtout durant la période des championnats, mais elle a de bons mots pour la faculté de Cape Breton, qui aide activement les étudiants-athlètes à gérer une telle charge de travail.
« Les enseignants sont vraiment formidables et ils s’adaptent vraiment à ce que nous avons besoin de faire », a-t-elle déclaré.
Pour ce qui est de la suite, Roy garde l’esprit ouvert en ce qui concerne son avenir dans le soccer. La croissance du soccer féminin au Canada et l’émergence de possibilités professionnelles font en sorte qu’il y a maintenant de nouvelles perspectives qui sont réalisables.
« Tout est possible maintenant », a-t-elle souligné.
Pour le moment, elle se concentre sur des choses simples : continuer de s’améliorer, avoir du plaisir à jouer et être attentive à toutes les occasions qui se présentent.
« Je pense qu’il s’agit juste d’essayer d’avoir du plaisir », a dit Roy.
« Travailler fort et juste savourer tout ça, parce que ça ne dure pas longtemps ».
