Arman Shahzadeh transforme l’adversité en raison d’être sur la scène nationale avec le programme d’athlétisme de Western
Le parcours d’Arman Shahzadeh vers le podium national a commencé dans l’incertitude, s’est poursuivi dans l’adversité et est maintenant défini par une raison d’être, de la persévérance et un désir de stimuler le changement.
Le sauteur de quatrième année de l’Université Western, qui étudie en psychologie, dit que ses débuts de relation avec l’athlétisme étaient ponctuels, tout au plus.
« J’avais l’habitude d’en faire à l’école primaire, comme dans le cadre de la journée d’athlétisme, mais je n’ai jamais pris cela au sérieux. Enfant, j’étais plutôt un joueur de soccer », affirme Shahzadeh.
Tout a changé au secondaire, quand ses amis ont travaillé sur un projet qui a transformé sa trajectoire en tant qu’athlète.
« Quelques-uns de mes amis tentaient de commencer une équipe d’athlétisme à notre école secondaire. On n’en avait pas au départ. Ils se sont réunis et ont réussi à dénicher quelques entraîneurs pour faire du bénévolat », dit-il.
Il s’est inscrit au saut en longueur et au 400 mètres, mais il admet que les épreuves de courses plus longues l’intimidaient. Ce fut le coup de foudre avec le saut en longueur, et il a décroché sa place aux championnats provinciaux scolaires.
« J’étais un peu apeuré en raison du 400 m. Le saut en longueur s’est assez bien passé et j’ai fini par me qualifier pour les Championnats de la FASSO cette année-là sans grand entraînement », mentionne-t-il.
Ses succès dès le début ont planté une graine d’espoir, jusqu’à ce que la vie s’en mêle.
« Quand j’étais en huitième année, on m’a diagnostiqué un cancer », rappelle-t-il. Cette annonce a secoué son identité d’athlète et les hypothèses qu’il avait élaborées quant à son avenir. « Je me souviens d’être à l’hôpital et de ne même pas être capable de marcher ou de simplement imaginer une vie où j’étais dehors à jouer à la récréation... Je n’aurais jamais pensé que ce serait possible ».
À la suite de ses traitements, Shahzadeh a trouvé la motivation dans la possibilité de renouer avec son sport.
« Perdre cette occasion m’a motivé à tirer profit le plus possible de ma situation. J’ai vraiment exploité au maximum la pratique dont j’en ai fait par la suite », ajoute-t-il.
En 11e année, ses études ont connu un autre tournant.
« Mes notes ont en fait démontré que je devais probablement poursuivre mes études à l’université », souligne-t-il.
Une conversation avec un coéquipier de son club, Kenneth West, basé à Western et actuel détenteur de record, l’a aidé à faire son choix.
« Il semblait vraiment aimer ça et ça allait bien pour lui. Je me suis dit que Western serait probablement la meilleure option pour moi aussi, puisqu’on participait aux mêmes compétitions », indique Shahzadeh.
L’entraîneure de l’équipe d’athlétisme de Western, Vicky Croley, l’a convaincu avec une visite du campus.
« J’ai rencontré l’entraîneure Croley, nous avons planifié la visite et tout a déboulé à partir de là », a-t-il raconté.
Résultat? Un programme qui a aiguisé ses ambitions tout en refaçonnant son état d’esprit.
« Je crois qu’au bout du compte, le plus important est la personne que tu deviens à travers le processus, plutôt que ce que tu as accompli », poursuit l’étudiant-athlète.
Le titre de l’équipe nationale de Western en 2025 la saison dernière reste l’un de ses plus beaux souvenirs.
« C’était vraiment, vraiment spécial. C’était tellement une belle expérience de voir Western l’emporter. C’était bien de voir le travail acharné de tous au moment où ça importait. Je sens que tout le monde a connu la performance de sa vie et nous nous sommes ralliés et avons soulevé le trophée tous ensemble », confie-t-il.
Les succès au niveau international ont suivi quand il a participé aux Jeux mondiaux universitaires de la FISU en 2025.
« Ç’a été un honneur de représenter le Canada. Je ne m’attendais pas à avoir cette réelle occasion en début d’année », dit-il.
Cette expérience lui a appris une leçon qui ancre désormais son approche.
« Je crois que la chose la plus importante, c’est simplement la constance. De voir tout le monde effectuer chaque répétition, chaque saut qui étaient tous constants. Chaque répétition était intentionnelle », précise-t-il.
Son plus grand obstacle, souligne-t-il, est de demeurer en santé.
« Honnêtement, mon plus gros défi est ma santé. Je me suis déchiré le tendon du jarret après la première compétition de la saison. J’ai l’impression que je suis enclin aux blessures. Je veux juste rester en santé et pouvoir m’entraîner avec constance pour la suite », exprime-t-il.
Selon lui, sa résilience est orientée par la perspective.
« Sachant que j’ai vécu pire et que j’en suis ressorti meilleur, je sens que ça ne va qu’améliorer mon histoire », admet-il.
Shahzadeh voit aussi sa double identité, d’athlète et de futur avocat, comme complémentaire.
« Je crois que mon historique du côté psychologique, avec mon diplôme en droit, serait très gratifiant, un peu comme devenir un défenseur pour les gens, particulièrement en droit de la famille », dit-il.
Quand on lui a demandé comment il maintient l’équilibre entre l’entraînement et les études, il dépeint ces deux aspects comme étant un privilège et un refuge.
« Quand je suis à l’entraînement, c’est une pause d’études dans mon esprit. Quand j’étudie, c’est une pause physique, affirme-t-il. C’est facile de voir l’école ou l’entraînement comme étant le train-train, quotidien, mais au bout du compte, nous sommes privilégiés d’y être ».
Son conseil à la prochaine génération reflète les leçons qu’il a tirées de la vie : « Faites en sorte que les choses ralentissent. Faites ce que vous pouvez dans le moment présent. Un jour à la fois. Demandez-vous ‘Que puis-je faire en ce moment pour faire un pas vers l’avant?’ ».
